Economie
La figue de Barbarie: où en est la production des variétés résistantes à la cochenille?
22/07/2024 - 15:14
Ouiam Faraj | Aya Lankaoui
Les prix de la figue de Barbarie sont en forte hausse en raison de la faible production, affectée par la propagation de la cochenille. Cependant, plusieurs agriculteurs ont commencé à produire et à commercialiser des figues de Barbarie résistants à la cochenille sur divers marchés nationaux.
Mohamed Sbaghi, professeur à l'Institut national de la recherche agronomique et coordinateur du programme national d'urgence pour lutter contre la cochenille, supervisé par le ministère de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural, et des Eaux et Forêts, a confirmé que les variétés résistantes à la cochenille plantées en 2021 ont commencé à être commercialisées sur les marchés.
En 2021, 1500 hectares de figuiers de Barbarie résistants à la cochenille ont été plantés, suivis de 6000 hectares supplémentaires en 2022 et de 15.022 hectares à la fin de 2023.
Le programme national d'urgence pour lutter contre la cochenille a atteint des étapes avancées, couvrant toutes les terres agricoles des provinces de Guelmim, Sidi Ifni, Rehamna, Doukkala, et El Kelaâ des Sraghna ainsi que l'Oriental.
Dans une déclaration à SNRTnews, M. Sbaghi a souligné que les responsables du programme national ont visité, jeudi 18 juillet 2024, une ferme à la commune de Sidi Abdallah dans la province de Rehamna pour évaluer la qualité des fruits obtenus à partir de ces variétés résistantes à la cochenille et suivre la phase de production.
Il a affirmé que les fruits sont de bonne qualité et ont un goût sucré. Ils se distinguent par leur culture biologique, sans pesticides ni maladies. Il a également noté que ces variétés nécessitent entre 5 et 6 arrosages, avec environ 15 litres d'eau par arbre tous les 20 jours pour favoriser une bonne croissance, surtout en période de forte chaleur et de faibles précipitations.
M. Sbaghi a expliqué que la sécheresse a considérablement affecté la production de figues de Barbarie en raison de la hausse des températures, ce qui a entraîné une baisse de la production nationale. Il a souligné l'importance de l'eau pour le cactus afin de garantir une bonne production.
Sécheresse et rareté de l'eau
Concernant les variétés résistantes à la cochenille, il a précisé que bien que leur production ait commencé, la demande reste faible, avec seulement 15 à 20 kg par unité. Il a indiqué que les zones touchées par la sécheresse n'ont pas pu produire ce fruit, les précipitations dans ces régions n'ayant pas dépassé 50 millimètres, ce qui est insuffisant pour produire des figues de Barbarie.
En revanche, il a confirmé que la province de Rehamna connaît une bonne production. Les agriculteurs ont commencé à distribuer les fruits résistants à la cochenille sur les marchés de Casablanca.
Les prix poursuivent leur hausse
En ce qui concerne la hausse des prix de la figue de Barbarie, le professeur de l'Institut national de la recherche agronomique a expliqué que les chercheurs avaient prévu en 2021 et 2022 une forte augmentation des prix de ce fruit, atteignant entre 4 et 5 dirhams par fruit, alors qu'il ne coûtait auparavant que 0,5 à 1 dirham.
Il a souligné que ces prévisions se sont révélées exactes en raison de la propagation de la cochenille et de la difficulté à l'éradiquer rapidement. Il a ajouté que les prix des figues de Barbarie ne reviendront pas à leur niveau initial avant deux ans.
En outre, il a exhorté tous les agriculteurs intéressés par la production de figues de Barbarie à ne pas se laisser séduire par les gains rapides et à penser à l'intérêt national de lutter contre la cochenille, en abandonnant les anciennes variétés et en adoptant les nouvelles variétés résistantes.
Il a également affirmé que l'Institut national de la recherche agronomique surveille les variétés non résistantes à la cochenille pour neutraliser ce parasite et l'éradiquer. Cependant, cette opération nécessite des efforts concertés et l'abandon de la plantation de variétés non traitées qui favorisent la propagation de la maladie.
Parallèlement à ces efforts, le Maroc ambitionne à gérer et à lutter contre ce parasite à travers un programme lancé par le ministère de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts.
Les efforts du ministère
La cochenille est apparue pour la première fois au Maroc en 2014 dans la province de Sidi Bennour, avant de se propager à d'autres régions du royaume. Plusieurs facteurs ont favorisé sa propagation rapide, notamment ses caractéristiques biologiques à forte fertilité, ainsi que des facteurs comme le vent et les moyens de transport.
La cochenille se présente sous forme de parasites qui s'attachent aux feuilles de cactus et en absorbent la sève, ce qui cause leur destruction complète. Elle ne représente cependant pas de danger pour les humains et les animaux. Elle s'est également propagée dans la plupart des pays du Maghreb, comme la Tunisie et l'Algérie.
Le ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Mohamed Sadiki, avait précédemment révélé, en réponse à une question écrite à la Chambre des représentants, que des essais sur le terrain avaient été réalisés pour tester l'efficacité biologique des pesticides autorisés contre les cochenilles afin de les homologuer conformément aux lois en vigueur. Actuellement, 15 pesticides sont homologués contre ce parasite.
Traitement de plus de 93.000 hectares
Le ministre a confirmé que l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a pris des mesures d'urgence pour sensibiliser à la cochenille, identifier sa catégorie et mettre en place des mesures préventives pour limiter ses dégâts.
Selon le ministre, le bilan de la lutte contre la cochenille au Maroc comprend le traitement de plus de 93.660 hectares de cactus infestés et l'arrachage et la destruction d'environ 15.590 hectares de cactus gravement infestés.
Il a ajouté que plus de 82.700 litres de pesticides ont été distribués aux agriculteurs sous la supervision des services de protection des végétaux de l'ONSSA, dans le cadre d'un partenariat entre l’Office et les organisations agricoles.
Le ministre a conclu que la lutte efficace contre la cochenille sur le cactus, avec la participation des agriculteurs dans le programme de lutte, a prouvé son efficacité sur le terrain et a contribué à la réhabilitation du cactus, sous la supervision de l'ONSSA et en coordination avec les autres partenaires.
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