Société
L'arganier: le sol et le climat ne sont pas les uniques facteurs de son identité marocaine!
15/03/2026 - 19:03
Malak Zougagh
Arbre emblématique du sud-ouest marocain, l’Argania spinosa résiste aux tentatives de culture ailleurs dans le monde. Sol, climat méditerranéen et influences océaniques et sahariennes créent un écosystème unique qui explique cette singularité.
L’arganier, arbre millénaire, a défié plusieurs terres étrangères en refusant de s’y développer. Propice au sol marocain et au climat méditerranéen, cet arbre s’offre des caprices trouvées uniquement dans l’environnement marocain.
Abdellah Aboudrare, docteur d’Etat en sciences agronomiques et professeur à l’école nationale d’agriculture de Meknés, explique à SNRTnews: “il n’y a pas que la terre, c’est tout l’environnement, la terre et le climat combinés déterminent le développement des végétaux…”
Facteur important dans le développement de l’arganier, le climat typiquement méditerranéen, précise Abdellah Aboudrare, “avec toutes les influences océanique et les influences provenant du Sahara au sud font que le Maroc bénéficie d’un climat spécifique... Et ce n’est que vers la dernière décennie du siècle dernier que l’oriental a commencé l’exploitation de son fruit, en découvrant pour la première fois qu’il s’agit bien de l’argan, un arbre fruitier."
On ajoute à ces facteurs biologiques et naturels, un savoir-faire propre à la culture marocaine. Puisque la manière dont est extraite l’huile peut donner lieu à deux produits différents: une huile comestible ou une huile cosmétique. Cette dernière, développe le Docteur Aboudrare est “extraite à froid, c’est à dire qu’il faut préserver certains composants en évitant de réchauffer les amandons.”
Concernant l’huile comestible, l’opération nécessite une extraction manuelle, qui passe par “la torréfaction des amandons, c’est à dire exposer les amandons au feu, permettant de faciliter l’extraction de l’huile pour consommation”, explique-t-il à SNRTnews.
Ce savoir-faire, traditionnellement exercé par les ménages, se voit perdu dans la recherche de la facilité. puisque les amandons sont aux côtés de l’huile, aussi des produits commercialisés et rentables.
Certes, l’exportation de graines est bien possible, mais une culture ou encore le climat sont réticents à une embarcation loin du familier, chaud aux airs légèrement humides.
L’arganier, cet arbre mystérieux comme le décrit Abdellah Aboudrare, s’avère résilient. Les sept ans de sécheresse passées n’ont pas réussies à l’anéantir. "J’ai pris des photos il y a un an de ces arbres, et on dirait qu’ils sont morts, mais après ces précipitations on croirait que rien ne s’était passé… Je comprends alors pourquoi cet arbre est millénaire…”
Abdellah Aboudrare conclut que “le Maroc a tous les atouts pour rester leader de la production d’argan… avec l’arganiculture, c’est à dire la plantation des arbres d’argan au Maroc, on réduit la durée de production puisqu’il prend 10 ans ou voire même 40 ans avant d’être éligible à la production… Il y a des efforts importants dans ce sens là, dans la province d’Essaouira, 3000 hectares on été plantés, en région de Souss aussi on envisage une plantation d’à peu près 20000 hectares d’arganiculture…”
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