Economie
Le Maroc, pionnier du LGV en Afrique
27/04/2025 - 14:34
Khaoula Benhaddou
Le Maroc renforce sa place de pionnier sur le continent africain en matière d’infrastructures ferroviaires. Cela vient d’être confirmé ce jeudi 24 avril avec le coup d’envoi donné par SM le Roi Mohammed VI aux travaux de réalisation de la Ligne à Grande Vitesse Kenitra-Marrakech.
Le Maroc avance sur de bons rails en matière d’infrastructures ferroviaires. Grâce à la vision éclairée de SM le Roi Mohammed VI, plusieurs projets d’envergures ont été réalisés.
C’est le cas du projet de la Ligne à Grande vitesse Kenitra-Marrakech que SM le Roi Mohammed VI a lancé ce jeudi 24 avril à Rabat.
D’une longueur d’environ 430 kilomètres, ce projet illustre la ferme détermination du Maroc à poursuivre le développement du réseau ferré national, afin qu’il puisse jouer pleinement son rôle d’épine dorsale d’un système de transport durable et inclusif.
Le Maroc s’impose comme précurseur en Afrique
Après la réalisation du projet baptisé Al Boraq, qui est considéré comme la première LGV africaine entre Tanger et Kenitra en 2018, le Maroc continue sa lancée avec la nouvelle ligne Kenitra-Marrakech comme l’explique l’économiste Zouhair Lakhyar; "Dans le domaine des infrastructures, le Maroc a entrepris des projets d’envergure visant à améliorer les réseaux de transport, y compris la construction de nouvelles autoroutes, le développement des infrastructures portuaires, notamment le port de Tanger Med, qui est devenu l’un des plus grands ports d’Afrique et un centre logistique majeur dans la région. Ce n’est pas tout, avec l’expansion des réseaux ferroviaires, notamment avec la nouvelle ligne à Grande vitesse Kenitra- Marrakech, le Maroc confirme à nouveau sa position de pionnier au niveau africain".
Et d’ajouter: "Le développement des lignes de train à grande vitesse représente une avancée majeure dans le secteur des transports au Maroc. Ces lignes offrent une alternative rapide et efficace aux modes de transport traditionnels, favorisant la connectivité entre les grandes villes du pays et stimulant le développement régional. L’investissement dans les infrastructures ferroviaires à grande vitesse vise à améliorer la compétitivité du Maroc sur le plan international, tout en offrant des solutions de transport durables et respectueuses de l’environnement. Ce grand projet aura un effet sur l’économie marocaine et ce à travers la vitesse de circulation de la marchandise et la vitesse de circulation des agents économiques, ce qui contribue directement dans l’amélioration de l’attractivité de l’économie marocaine vis-à-vis des autres partenaires étrangers".
Le train de développement passe par le développement du train
Réalisé avec une enveloppe de 53 milliards de dirhams, ce projet structurant fait partie d’un programme ambitieux mobilisant un investissement global de 96 MMDH qui porte également sur l’acquisition de 168 trains pour un montant de 29 Milliards DH, destinés au renouvellement du parc existant de l’Office National des Chemins de Fer (ONCF) et l’accompagnement des projets de développement, ainsi que le maintien de la performance pour 14 Milliards DH, permettant notamment le développement de 3 réseaux de transport métropolitain au niveau des agglomérations de Casablanca, Rabat et Marrakech.
Cet important projet d’investissement et de modernisation du réseau ferroviaire a été mené en s’appuyant notamment sur l’expertise d’entreprises internationales de renom, dont le français Alstom pour le matériel roulant pour la Grande Vitesse, l’Espagnol CAF pour les trains inter-city (200 Km/h) ou encore le Sud-coréen Hyundai Rotem pour les trains métropolitains de proximité, avec des conditions de financement préférentielles.
Pour l’économiste Nabil Adel, le train de développement passe par le développement du train; "toutes les expériences de développement, américaine, anglaise, française et plus récemment chinoise sont passées par un développement du train, et c’est ce qui se passe depuis quelques années au Maroc, notamment avec le projet LGV. Aujourd'hui, réduire la durée du transport d'un point A à un point B induit la la réduction des coûts de production mais aussi l'accélération de la rotation économique dans un pays. Au lieu de faire une seule transaction par jour, on fait trois ou quatre en une journée. Ce qui est extrêmement important".
Avec ce nouveau projet, les temps de parcours seront de 1h entre Tanger et Rabat, 1h40 entre Tanger et Casablanca et de 2h40 entre Tanger et Marrakech (gain de temps de plus de 2h).
Le projet permettra aussi de relier Rabat à l’Aéroport International Mohammed V de Casablanca en 35 minutes en desservant le nouveau stade de Benslimane. Il est prévu également un service à grande vitesse entre Fès et Marrakech avec un temps de parcours de 3h40 (avec des trains à grande vitesse circulant sur la ligne classique de Fès jusqu’au nord de Kenitra avant de continuer sur la nouvelle ligne à grande vitesse jusqu’à Marrakech).
Au-delà de son importance sur le niveau local, ce nouveau projet joue un rôle primordial sur le plan régional et africain puisque le Maroc se positionne ainsi comme une vitrine pour les pays africains en quête de moyens de transport rapides et efficaces, ce qui peut ouvrir le champ vers de nouveaux projets de coopération sud-sud qui feront du Maroc un hub de compétence et d’industrie ferroviaire, comme le précise Nabil Adil: "Le Maroc, fait partie des premiers pays africains en matière d'infrastructures, dans l'absolu. Maintenant, si on rapporte cela à sa superficie, je pense qu'on est à la deuxième place. Par exemple, l'Egypte a un important réseau routier et autoroutier qui doit être de 5.000 kilomètres, mais n'oublions pas leur grande superficie qui avoisine 1 million de kilomètres carrés. Au Maroc, nous devons être à 3.000 ou 4.000 kilomètres, alors que nous sommes à 700.000 kilomètres carrés. Donc, en matière de densité, le Maroc est très bien positionné".
Et d’ajouter: "certes, beaucoup de choses ont été réalisé mais beaucoup reste à faire également. Tant que le Maroc n'aura pas relié Oujda à Dakhla par le chemin de fer, et qu'il y ait un maillage de tout le territoire national en ligne de chemin de fer, nous aurons encore du travail. C’est un projet structurel et central, qui étend le réseau routier, autoroutier et ferroviaire dans tous les coins du Royaume".
Et d'expliquer: "ce projet devrait s’étendre aux provinces du sud où il y a des minerais, des ressources naturelles, du poisson et de la marchandise qui doivent se distribuer en interne mais aussi être acheminés vers des pays africains. Donc, si j'ai un message à donner, c'est d'abord qu'il faut que le train ne s'arrête qu'à Dakhla., il faut aller le plus loin possible dans le réseau ferroviaire".
Sur cette même lancée, l’économiste appelle à étendre la ligne à grande vitesse aux pays africains; "je tiens à rappeler le grand projet de façade atlantique, lancé par Sa Majesté qui doit avoir comme concrétisation une ligne de chemin de fer qui reliera le Maroc à ces pays-là et le Maroc en tant que pionnier devrait être prêt à financer ce genre de projet".
Et de poursuivre: "le Maroc doit pouvoir profiter de son expérience pour étendre ces projets aux pays de la région, ce qui va renforcer son rayonnement. Et puis ça va nous permettre d'accélérer notre développement économique puisque les entreprises et les banques marocaines pourront financer ce genre de projets en Afrique, D'un côté, on va ancrer davantage notre présence en Afrique, et de l'autre, on va donner vie à la vision de SM le Roi Mohammed VI".
Pour rappel, En concomitance avec le lancement du projet de réalisation de la nouvelle Ligne à Grande Vitesse Kenitra-Marrakech, l'ONCF lance un programme inédit d'acquisition de 168 nouveaux trains, visant à renforcer et rajeunir l'ensemble de la flotte matériel à voyageurs.
Mobilisant un investissement de 29 milliards de DH, ce programme d'acquisition permettra de réaliser les gains de performances opérationnelles, de renforcer les services régionaux, et de répondre à l'augmentation du trafic attendu à l'horizon 2030. Concrètement, cette acquisition porte sur 18 trains à grande vitesse pour les projets d'extension, 40 trains pour les services de lignes, 60 trains navettes rapides (TNR) et 50 pour le réseau de transport en commun au niveau des 3 agglomérations.
Cet ambitieux programme d'acquisition de matériel roulant permettra également l'émergence d'un écosystème ferroviaire industriel. Avec un taux d'intégration locale supérieur à 40%, le programme témoigne d'un fort engagement envers l’entreprise et les compétences marocaines et aura inéluctablement des implications positives en termes de soutien à l'économie nationale, de réduction des coûts de transport et de développement durable.
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