Société
Marocains piégés en Birmanie: le témoignage poignant d'une rescapée
18/05/2024 - 15:53
Youness Oubaali | Hamza BAMMOUMariam est revenue dans sa ville natale (El Jadida) après avoir fui il y a quelques jours l'enfer Birman, avec un autre jeune homme d'Agadir, portant avec eux les "blessures" de ce qu'ils ont vécu à la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande.
Les images et les événements que Meriem a vécu ne quittent son esprit, comme elle le confirme, disant qu'elle a vécu la terreur, elle et les autres Marocains qui étaient avec elle, avant de réussir à sortir saine et sauve grâce aux interventions.
D'après les photos et les vidéos obtenues par SNRTnews, ces réseaux offrent toutes les conditions nécessaires pour opérer dans le domaine du commerce électronique, avec des restaurants, des bâtiments, de la technologie, de la nourriture et des boissons... Mais le travail est en réalité une arnaque électronique sur des innocents, un véritable enfer rempli de souffrances et de dangers.
Environ 200 familles sont concernées, certaines ont choisi de sortir pour demander une intervention pour sauver leurs enfants, d'autres ont refusé de se montrer par peur que leurs enfants ne soient victimes de représailles en Birmanie.
Selon ces familles, environ 140 Marocains ont finalement réussi à se rendre au Cambodge, laissant derrière eux d'autres personnes prises au piège de ces réseaux armés.
Mariam et Hamza n'étaient pas seuls là-bas, ils ont trouvé d'autres victimes qui les avaient précédés dans ce "piège", comme le jeune Youssef, qui a été le premier à révéler ce qui se passait à travers une vidéo. Il s'était rendu en Birmanie via un vol indirect de la Turquie vers l'Autriche, puis en Thaïlande et enfin en Birmanie. Il avait été convaincu d'entreprendre ce périple par un compatriote marocain rencontré en Turquie lors d'un voyage touristique, comme l'a raconté son frère à SNRTnews.
Le procureur général de SM le Roi auprès de la Cour d'appel de Casablanca a ordonné il y a quelques jours l'ouverture d'une enquête judiciaire sur la détention de certains citoyens marocains par des gangs criminels actifs en Birmanie, dans les zones frontalières avec la Thaïlande, confiée à la Brigade nationale de la police judiciaire.
Et d'ajouter que certains victimes et leurs familles avaient été entendues, notamment ceux qui avaient porté plainte sur le sujet. Les résultats des premières investigations ont révélé l'existence de réseaux criminels spécialisés dans la traite des êtres humains opérant dans les zones frontalières de la Birmanie. Ces réseaux font miroiter à leurs victimes des contrats de travail dans les zones mentionnées sous couvert d'entreprises internationales de commerce électronique, en échange d'un salaire alléchant, mais il s'est avéré que c'était uniquement une arnaque pour les exploiter en les retenant captifs et en les forçant à travailler dans des conditions difficiles."
Articles en relations
Société
Société
Société
Société