Politique
Migration et droits humains: les conclusions du Groupe mixte maroco-espagnol sont "encourageantes"
06/05/2022 - 18:57
Imane Benichou
Intervenant dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route conçue lors de la réunion tenue en avril dernier par SM le Roi Mohammed VI et le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, le Groupe migratoire mixte permanent maroco-espagnol a abordé le partenariat migratoire dans sa globalité. Le Directeur de monitoring et de la protection des droits de l’Homme au CNDH, Abderrafii Hamdi fait le point à SNRTnews sur les résultats de cette réunion.
"Nous considérons que toute coopération étroite entre les deux pays ne peut que contribuer à la protection des droits de l’Homme dans les deux rives en général et à la protection des migrants en particulier", a déclaré Abderrafii Hamdi, Directeur du monitoring et de la protection des droits de l’Homme au Conseil national des droits de l'Homme (CNDH). Exemple à l’appui: les derniers chiffres du premier trimestre 2022 relatifs au flux migratoire entre le Maroc et l’Espagne et à l’activisme des réseaux de trafic et de traite des êtres humains. "Rien que pour les 3 premiers mois de 2022, nous sommes à 52 réseaux criminels de trafic illicite de migrants démantelés", a-t-il noté.
Interpellé sur les conclusions de la réunion du Groupe migratoire mixte permanent maroco-espagnol, réuni vendredi, Hamdi a jugé "encourageants" des éléments du communiqué conjoint publié.
Une responsabilité partagée
Le Maroc et l’Espagne ont en effet insisté sur leur volonté partagée de renforcer les perspectives de coopération. "Le Maroc et l’Espagne ont considéré que la migration est une responsabilité partagée", a commenté Hamdi, estimant qu’il s’agit d’"un constat très majeur" et d’un "relèvement du niveau de coopération" des deux pays.
Il a rappelé que ce constat représente une position que le Maroc exprime "depuis des années", alors qu’au niveau international, un débat était lancé sur la responsabilité du phénomène migratoire qui incombe aux pays du Sud.
Une approche globale
Les deux délégations marocaine et espagnole ont abordé le partenariat migratoire dans sa globalité, notamment ce qui concerne la gestion des frontières, l’accompagnement financier, les flux légaux, les enjeux régionaux et les mineurs non accompagnés. Un point "très important" pour le directeur du monitoring et de la protection des droits de l’Homme au CNDH.
"Nous ne pouvons pas parlé d’un seul volet de la migration. La migration est un phénomène complexe, qui a beaucoup de dimensions", a-t-il affirmé.
Un partenariat opérationnel
Hamdi a en outre souligné que le Groupe migratoire mixte a considéré prioritaire le démantèlement et la lutte contre les réseaux criminels, ce qui nécessite, selon lui, "un partenariat opérationnel".
La partie espagnole a en effet exprimé ses remerciements pour les efforts d'envergure déployés par les autorités marocaines en matière de lutte contre la migration illégale avec des résultats tangibles, en termes de coopération opérationnelle.
Une approche internationale des droits des enfants
"Le point le plus important au niveau des droits de l’Homme est que les deux pays se sont mis d’accord sur le fait que l’analyse, l’approche et le traitement du dossier des mineurs non accompagnés ne peut être fait que sous l’angle de l’intérêt supérieur de l’enfant", a déclaré Abderrafii Hamdi.
Au niveau de cette problématique, la partie marocaine a rappelé les hautes instructions royales pour le rapatriement de tous les mineurs marocains dûment identifiés. Les deux parties ont convenu de privilégier leur démarche autour de l'intérêt supérieur du mineur, notamment à travers la prévention et la protection. "Une approche internationale des droits des enfants", a noté Hamdi.
Stratégie nationale d’immigration et d’asile
"Le Maroc dispose d’une grande expérience au niveau de la gestion de la migration. Il est doté d’une stratégie nationale malgré toutes les insuffisances qui doivent être complétées et achevées", a précisé le directeur de la protection des droits humains au CNDH.
En effet, la Stratégie nationale d’immigration et d’asile (SNIA), mise en œuvre en 2013 en application des hautes instructions de SM le Roi Mohammed VI, a constitué une véritable inflexion au niveau de la gouvernance migratoire en y intégrant la centralité du paradigme du respect des droits des migrants dans une logique solidaire et inclusive.
La SNIA s’articule autour de plusieurs objectifs stratégiques visant notamment la facilitation de l’intégration des migrants irréguliers ainsi que la mise à niveau du cadre réglementaire et institutionnel. Elle est portée par des programmes sectoriels visant fondamentalement l’intégration et l’amélioration des conditions de vie des migrants et réfugiés et leur accès aux multiples prestations et services visant l’éducation, la Culture, la Santé, le logement, l’assistance sociale et humanitaire, la formation professionnelle et l’emploi.
Hamdi a rappelé que le Maroc a abrité le sommet 2018 du Forum mondial de la migration et du développement et sera présent dans les jours à venir au Forum d'examen des migrations internationales 2022 à New York, ajoutant que le Maroc est fort de ses acquis au niveau migratoire.
Le Groupe migratoire mixte permanent maroco-espagnol s’est réuni le 6 mai 2022 à Rabat, co-présidée par Monsieur Khalid Zerouali, Wali directeur de la Migration et de la surveillance des frontières et Monsieur Jesus Perea Cortijo, Secrétaire d’État des Migrations, en présence de Monsieur Rafael Pérez Ruiz, Secrétaire d’État à la Sécurité et Madame Angeles Moreno Bau, Secrétaire d’État aux Affaires extérieures et mondiales.
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