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Paléontologie: Un troisième dinosaure à bec de canard découvert au Maroc
10/06/2025 - 11:01
Mohammed Fizazi
Une équipe internationale de paléontologues a mis au jour une nouvelle espèce de dinosaure à bec de canard dans les couches phosphatées du Maastrichtien supérieur du bassin d’Oulad Abdoun, au Maroc
Ce dinosaure, nommé "Taleta taleta", représente le troisième taxon de hadrosauridé découvert dans cette région, aux côtés d’Ajnabia odysseus et de Minqaria bata, révélant une diversité insoupçonnée de lambeosaurinés sur le continent africain à la fin du Crétacé.
Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue scientifique Science Direct. Ils s’inscrivent dans un contexte paléogéographique marqué par l’isolement croissant des masses continentales, consécutif au morcellement de la Pangée. Alors que l’Asie et l’Amérique du Nord étaient dominées par les hadrosauridés et les cératopsiens, et que l’hémisphère sud voyait l’émergence de faunes distinctes de titanosaure et d’abélisauridés, des échanges biogéographiques tardifs ont favorisé la dispersion de certains groupes. La présence de lambeosaurinés en Afrique du Nord témoigne de tels phénomènes de dispersion depuis l’Europe méridionale.

Les restes fossiles de Taleta taleta, deux maxillaires associés découverts à Sidi Chennane, diffèrent clairement de ceux d’Ajnabia et de Minqaria, tant par la forme des mâchoires que par la taille et le nombre des dents. Ces caractères suggèrent une spécialisation alimentaire marquée, renforçant l’hypothèse d’une radiation adaptative de ces dinosaures herbivores dans un environnement insulaire propice à une diversification rapide.
L’analyse phylogénétique place Taleta taleta au sein des Arenysaurini, un clade également représenté en Europe, et confirme l’importance de la région d’Oulad Abdoun dans la compréhension des dynamiques évolutives de la fin du Crétacé. Malgré la rareté des hadrosauridés dans les dépôts phosphatés, les trois espèces identifiées jusqu’à présent illustrent une diversité écologique notable, soutenue par des adaptations morphologiques distinctes.
Cette découverte, fruit d’une collaboration entre l’Université de Bath et l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, éclaire d’un jour nouveau la paléobiogéographie des dinosaures du Crétacé terminal en Afrique du Nord et suggère que ces faunes insulaires ont connu une évolution autonome, stimulée par des événements de dispersion intercontinentale.
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