Société
Promotion du don d'organes au Maroc: quel rôle pour la technologie?
18/10/2024 - 11:06
Ouiam Faraj | Mohammed Fizazi
Le Maroc, à l'instar de différents pays à travers le monde, a célébré, le jeudi 17 octobre 2024 la Journée mondiale du don d'organes et de greffe d'organes, afin de souligner les différents obstacles qui freinent encore la diffusion de la culture du don d'organes, tout en mettant en lumière les développements que connaît ce domaine.
Dans ce contexte, les experts de la santé estiment que la culture du don d’organes reste faible au Maroc, en raison du manque de sensibilisation collective quant à son importance pour sauver des millions de vies de patients qui meurent chaque année faute de donneurs d’organes.
Obstacles freinant l’essor du don
Bien qu’il existe des législations et des infrastructures nécessaires à la réussite des greffes d’organes, ces pratiques restent encore en retard, selon la professeure Rahma Bourkia, spécialiste des maladies rénales et de la dialyse, ainsi que présidente de l’Association marocaine de lutte contre les maladies rénales et de promotion du don et de la greffe d’organes.
La professeure Bourkia a précisé que, concernant le rein, qui est presque le seul organe greffé au Maroc, seulement environ 645 greffes de reins ont été réalisées, la majorité provenant de donneurs vivants, et le nombre de personnes inscrites sur les listes de donneurs reste très faible.
La présidente de l'Association marocaine de lutte contre les maladies rénales et de promotion du don et de la greffe d’organes a également expliqué, dans une déclaration à SNRTnews, que plusieurs obstacles continuent de freiner les opérations de don et de greffe au Maroc, notamment le manque de sensibilisation à l’importance du don et de la greffe d’organes, ainsi qu’une méconnaissance des procédures pour mener à bien ces opérations.
La professeure Bourkia a ajouté que la culture du don d’organes est faible parmi les Marocains, en plus de la présence d’autres obstacles d’ordre organisationnel liés aux hôpitaux et cliniques qui réalisent ces opérations, "où la coordination, l’assistance et le travail en équipe font défaut". Elle a souligné que ces opérations nécessitent une sensibilisation particulière des donneurs et de leurs familles, ainsi que le développement de centres dédiés uniquement à la greffe d’organes.
Évolution des greffes d’organes
D’autre part, la professeure Bourkia a abordé, dans sa déclaration, les progrès numériques et technologiques qui marquent désormais les opérations de don d’organes à l’échelle mondiale, et qu’il faut suivre pour atteindre les objectifs escomptés.
Elle a expliqué que les opérations de don et de greffe ont beaucoup bénéficié des avancées technologiques, de la numérisation et de l’intelligence artificielle, permettant ainsi aux spécialistes de choisir le donneur adéquat pour le receveur approprié, afin d’obtenir de meilleurs résultats, et de trouver des moyens pour prolonger la durée de vie de l’organe greffé. De plus, la technologie permet de connaître les médicaments appropriés pour chaque patient.
En ce qui concerne les progrès numériques, la présidente de l'Association marocaine de lutte contre les maladies rénales et de promotion du don et de la greffe d’organes a affirmé que la numérisation aide désormais à surveiller les patients transplantés et à savoir qui acceptera l'organe et qui rencontrera des problèmes au fil du temps, soulignant que ces avancées facilitent les processus de don et de greffe.
Modification des lois
Elle a souligné que le don et la greffe d’organes sont des sujets globaux qui concernent les aspects juridiques, humains, environnementaux, religieux, matériels, moraux, sociaux et familiaux. Il est donc nécessaire de sensibiliser collectivement et de fournir des informations précises aux personnes souhaitant faire un don, afin de réussir à développer cette pratique.
Elle a également insisté sur la nécessité de tirer parti des avancées scientifiques dans ce domaine et de modifier la législation afin d’augmenter le nombre de donneurs, rendant l’exception et non la règle ceux qui refusent de donner.
L’association a souligné, dans un communiqué à l’occasion de la Journée mondiale du don et de la greffe d’organes, le besoin urgent de réaliser des greffes d’organes au Maroc, car des milliers de patients souffrent de maladies des reins, du foie, du cœur et des poumons qui nécessitent une transplantation. Elle a souligné que les solutions alternatives comme la dialyse sont coûteuses, épuisantes et limitent considérablement la qualité de vie des patients.
L’association a également indiqué que des centaines de Marocains meurent chaque année faute de donneurs d’organes, bien que des lois autorisant la transplantation d’organes soient en vigueur depuis 1999.
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