Société
Ramadan: et si le jeûne devenait un allié minceur ?
21/02/2026 - 15:38
Matar Bensalmia
Oublier le mot “régime”. Pour la nutritionniste Maria Benjelloun, il est temps de parler autrement. “De nos jours, nous ne parlons plus de régime amaigrissant, mais plutôt d’un changement de comportement alimentaire”, insiste-t-elle.
Ramadan ou pas, les fondamentaux restent les mêmes : un apport équilibré en protéines, lipides, glucides, vitamines, minéraux, fibres et eau. Autrement dit, le mois sacré ne doit pas être vécu comme une parenthèse alimentaire, mais comme une continuité, voire une opportunité.
Le jeûne, un mécanisme naturel du corps
Contrairement aux idées reçues, le jeûne peut même favoriser la perte de poids. “C’est excellent pour la santé”, affirme la spécialiste. Privé d’apports pendant la journée, le corps apprend à puiser dans ses réserves. D’abord le sucre stocké dans le foie, puis celui des muscles, et enfin les graisses.
Mais cette mécanique vertueuse ne fonctionne que si elle s’inscrit dans “une hygiène de vie hypocalorique, équilibrée et saine”. Jeûner toute la journée pour se rattraper le soir annule les bénéfices espérés.
Ramadan peut ainsi devenir un moment propice pour rééquilibrer son alimentation et adopter un mode de vie plus sain, à condition de respecter certaines règles simples.
Deux à trois repas, pas une nuit de grignotage
Dans une déclaration à SNRTnews, la nutritionniste recommande de structurer la période nocturne autour de deux à trois repas : l’iftar, un dîner léger quelques heures plus tard, et le shour. “Évitez au maximum de grignoter, surtout toute la nuit”, prévient-elle.
Pour la spécialiste, l’hydratation est non négociable. Il est recommandé de boire entre 1,5 litre d’eau et d’infusions entre l’iftar et le shour.
Pour rompre le jeûne, un verre d’eau à température ambiante et une à trois dattes. Après une journée sans boire ni manger, “le corps est déshydraté et la glycémie au plus bas”. Elle conseille d’attendre cinq minutes avant d’introduire une protéine : œuf, poisson, viande ou poulet, afin de préserver la masse musculaire.
Une soupe légère complète idéalement ce premier temps du ftour : fibres, minéraux, vitamines et chaleur facilitent la digestion. En revanche, “évitez un repas copieux et sucré pour le ftour”.
Deux à trois heures plus tard, place à un dîner équilibré : légumes et protéines, ou laitage et fruit. “Préférez le fruit au jus”, précise-t-elle. Quant aux douceurs, elles ne sont pas interdites. Une à deux fois par semaine pour éviter frustration et excès.
Quid du shour ?
Souvent négligé, le shour est pourtant “le repas le plus important”. Pour tenir la journée sans fringale ni prise de poids, il doit privilégier les aliments à énergie lente, riches en fibres et en protéines.
La nutritionniste conseille de manger deux œufs ou du fromage blanc, des flocons d’avoine ou du pain complet, une poignée d’amandes ou de noix, la moitié d’un avocat, un fruit, et un grand verre d’eau. Le tout en évitant sucres rapides et fritures, et en mangeant le plus tard possible avant le fajr.
Bouger, dormir, mâcher
Au-delà de l’assiette, l’équilibre repose sur l’hygiène de vie globale. Prendre le temps de manger, bien mâcher, distinguer la faim de la simple gourmandise. Maintenir une activité physique deux à trois fois par semaine (marche, natation ou autre) idéalement peu avant ou juste après l’iftar.
Et surtout, ne pas sacrifier le sommeil. “Une bonne nuit de sommeil est un besoin vital pour notre corps. Il est conseillé de dormir 6 à 8 heures”.
Ramadan n’est donc ni un obstacle ni une solution miracle. C’est une période qui peut aider à renouer avec une alimentation consciente, mesurée et respectueuse du corps.
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