Economie
RER de Casablanca : neuf nouvelles gares pour un investissement de près de 400 millions de dirhams
10/07/2026 - 16:04
Khaoula Benhaddou
L'Office national des chemins de fer (ONCF) franchit une nouvelle étape dans la réalisation du Réseau Express Régional (RER) de Casablanca. L'établissement public a lancé deux appels d'offres portant sur la construction de neuf nouvelles gares, pour un investissement global estimé à près de 400 millions de dirhams.
Ce projet s'inscrit dans la stratégie de modernisation du transport ferroviaire urbain et périurbain afin d'accompagner la croissance démographique et économique de la région Casablanca-Settat et de proposer une alternative durable à la congestion routière.
Selon les cahiers des charges, les travaux sont répartis en deux lots. Le premier, d'un montant estimé à près de 180 millions de dirhams, concerne la réalisation de quatre gares notamment Mohammedia Facultés, Zenata Industrielle, Sidi Bernoussi et Aïn Sebaâ.
Le second lot, évalué à environ 220 millions de dirhams, porte sur la construction de cinq gares : Hay Mohammadi, Mers Sultan, Casablanca Oasis, Sidi Maârouf et Nouaceur Ville Nouvelle.
À terme, le Réseau Express Régional comptera trois lignes totalisant près de 92 kilomètres et desservira 18 gares. Il reliera les principaux bassins d'habitat aux pôles d'emploi et de services tout en renforçant les connexions entre Casablanca, Mohammedia, Benslimane et Nouaceur. Le projet améliorera également l'accès à plusieurs infrastructures stratégiques, notamment l'aéroport Mohammed V et le Grand Stade Hassan II de Benslimane.
L'ONCF prévoit une fréquence pouvant atteindre un train toutes les quinze minutes sur certains tronçons. Selon les estimations, le futur RER devrait transporter près de 180.000 voyageurs par jour à l'horizon 2030, faisant de ce réseau l'un des principaux projets de transport collectif du Royaume.
Des gares conçues comme des infrastructures numériques
Au-delà de la construction des bâtiments voyageurs, les futures gares intégreront des équipements modernes comprenant des systèmes de sécurité, des installations électriques et de climatisation, des réseaux numériques, des aménagements extérieurs, des parkings ainsi que, pour certaines infrastructures, des installations photovoltaïques.
Les documents techniques révèlent surtout une évolution majeure dans les méthodes de conception et de suivi des chantiers. L'ensemble du projet reposera sur la méthodologie BIM (Building Information Modeling), qui permet de créer une maquette numérique de chaque gare et d'assurer le suivi de son cycle de vie, depuis les études jusqu'à l'exploitation.
Les entreprises retenues devront produire des modèles numériques détaillés des principaux éléments architecturaux et techniques, assurer la coordination entre tous les corps de métier et remettre un dossier numérique complet des ouvrages réalisés afin de faciliter leur exploitation et leur maintenance.
LiDAR, drones et jumeau numérique
L'ONCF prévoit également la mise en place d'une cellule de synthèse chargée de piloter la maquette numérique collaborative, de coordonner les différents intervenants et de détecter les éventuels conflits techniques entre les réseaux avant leur réalisation sur le terrain. Les données du projet seront centralisées sur la plateforme Autodesk Construction Cloud.
Le suivi des travaux fera appel à des relevés tridimensionnels par LiDAR, à des prises de vue par drones ainsi qu'à une démarche "Scan-to-BIM". Ces technologies permettront de comparer en continu l'état réel du chantier avec la maquette numérique et de constituer un véritable jumeau numérique des futures gares.
Si le cahier des charges ne mentionne pas explicitement l'intelligence artificielle, plusieurs fonctionnalités imposées reposent déjà sur des technologies d'IA et d'automatisation. C'est notamment le cas de la détection automatique des conflits entre les différents réseaux techniques, de l'analyse des relevés LiDAR, du rapprochement entre les données de terrain et la maquette numérique ou encore du suivi automatisé de l'avancement des travaux.
En intégrant ces outils dès la phase de conception, l'ONCF entend améliorer la qualité des ouvrages, réduire les risques d'erreurs, optimiser les délais de réalisation et faciliter la maintenance des infrastructures après leur mise en service.
Avec ces neuf nouvelles gares, dont la réalisation est prévue sur une période de 18 mois, l'ONCF poursuit la transformation du paysage ferroviaire marocain et prépare le déploiement d'un réseau express régional plus performant, plus connecté et résolument tourné vers les technologies numériques.
Articles en relations
Economie
Société
Société
Société