Monde
Robert De Niro en sept rôles
11/05/2025 - 12:04
AFP
Robert De Niro est l'un des plus illustres héros du "Nouvel Hollywood": la variété de ses compositions travaillées avec perfectionnisme et leur nombre (plus d'une centaine) font qu'il surpasse tous ses contemporains.
Pour "Le Parrain, 2ème partie", Francis Ford Coppola engage De Niro juste après avoir vu "Mean Streets" de son ami Martin Scorsese. L'acteur, encore un peu timide, incarne le jeune Vito Corleone, joué par Marlon Brando dans le premier opus. On suit son ascension de la Sicile à New York et la consolidation par son fils Michael (Al Pacino) de l'empire mafieux Corleone. Les deux acteurs partagent leur première affiche sans être réunis à l'écran.
De Niro, alors moins confirmé qu'Al Pacino, remporte l'Oscar du meilleur second rôle, joué en majorité en sicilien, qu'il apprend avant le tournage. Le film, à la structure très innovante car il fait coexister l'histoire du père et du fils à deux époques différentes, en récolte 5 autres.
Travis Bickle, de retour du Vietnam, devient chauffeur de taxi pour meubler ses insomnies. Chaque soir, l'homme psychologiquement instable, est témoin des vices qui rongent New York. Progressivement, il sombre dans une folie destructrice.
Formé à l'Actor's Studio, De Niro travaille le rôle en conduisant un vrai taxi dans les quartiers malfamés new-yorkais. La scène devenue culte "Are you talkin'to me?" ("C'est à moi qu'tu parles?") dans laquelle il apostrophe son reflet dans un miroir est improvisée. "L'un des moments les plus heureux de mon existence", confiait Scorsese. Le film remporte la Palme d'Or à Cannes.
Un an avant "Apocalypse Now" de Coppola, "Voyage au bout de l'enfer" de Michael Cimino est un des premiers films américains sur la guerre du Vietnam: il réunit De Niro, Christopher Walken et John Savage, trois copains inséparables d'une petite ville sidérurgique de Pennsylvanie, enlisés dans le bourbier vietnamien.
"De Niro a tout fait pour que ce film marche", saluait le producteur Michael Deeley. "Il faisait répéter les acteurs pendant ses pauses, n'avait aucun besoin d'être dirigé, il a crée un esprit de groupe. C'est aussi lui qui a amené Meryl Streep, alors débutante".
Oeuvre psychologique avant d'être un simple film de guerre, ce long-métrage de 3 heures remporte cinq Oscars dont celui du meilleur film et réalisateur.
Avant lui, aucun acteur n'était allé aussi loin dans la personnification: pour incarner le boxeur Jake LaMotta, De Niro suit un entraînement intensif lui assurant le maximum de crédibilité sur le ring puis il prend 30 kilos pour mieux incarner la déchéance du boxeur.
C'est sur son idée que Scorsese adapte l'autobiographie du boxeur animé d'une rage autodestructrice. Sa performance lui vaut l'Oscar du meilleur acteur.
Dans "Casino" de Scorsese, il incarne "Ace", envoyé par la pègre de Chicago pour diriger le Tangiers, un casino à Las Vegas. Maniaque et impitoyable, il devient le seigneur de la ville avant de chuter par orgueil et par amour pour une ancienne prostituée reine de l'arnaque incarnée par Sharon Stone.
Avec "Mafia Blues" en 1999 dans lequel il joue un ancien parrain qui déprime, De Niro entame un cycle de comédies populaires.
Dans "Mon beau-père et moi" (1,2,3) de Jay Roach, il incarne un ancien de la CIA très suspicieux à l'égard de son futur gendre, Ben Stiller.
Dans "Le nouveau stagiaire" (2015), il est un retraité expérimenté qui devient le bras droit d'une jeune femme d'affaires (Anne Hathaway) débordée.
Avec "Killers of the Flower Moon", De Niro signe sa dixième collaboration avec Scorsese. Le cinéaste adapte une enquête journalistique sur des meurtres commis vers 1920 chez des Amérindiens s'étant enrichis grâce au pétrole. Avec Leonardo DiCaprio, De Niro forme un sinistre duo d'opportunistes responsables d'un génocide souterrain.
"Marty, je suis né en 1943, toi en 1942. Le temps passe. Que nous reste-t-il à vivre? (...) Quand nous aurons terminé ce film, nous aurons 80 ans. Alors, autant se retrouver sur un projet qui en vaut la peine", a dit l'acteur cité par Le Monde.
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