Politique
Sahara: le soutien espagnol du plan d’autonomie, un “tournant” qui rebat les cartes régionales
19/03/2022 - 18:00
MAP
La nouvelle position de l’Espagne sur la question du Sahara marocain constitue une "accélération significative de l’histoire" et un "tournant" qui rebat les cartes régionales et transforme les rapports de force dans cette région "si sensible à la moindre secousse politique", estime vendredi le politologue Mustapha Tossa.
"Ce tournant espagnol est presque aussi important, aussi structurant que la reconnaissance américaine de l’intégrité territoriale du Maroc sur son Sahara", souligne Tossa, dans une analyse publiée sur le site Atlasinfo.
Rappelant la "neutralité négative" que l'Espagne entretenait à l’égard de cette question, le politologue relève que le pays ibérique était une "caisse de résonance aux pulsions séparatistes du Polisario et de son parrain l’Algérie" et servait souvent de "relais médiatique et parfois diplomatique à leurs lubies".
Ce nouveau positionnement espagnol, poursuit le politologue, est "important" car il aura un double impact sur la région. Le premier est d’envoyer un message clair aux autres pays européens encore dans une attitude d’hésitation et de réticence par rapport à cette question.
L’autre impact décisif de cette nouvelle attitude espagnole, note Tossa, sera sur le parrain algérien du Polisario. Pour Alger le dernier verrou a sauté, la plongeant dans une grande solitude, remarque-t-il.
A ses yeux, aujourd’hui, la position algérienne est devenue intenable, inexplicable sauf à constater aux yeux du monde entier que "le régime algérien, pyromane par essence, utilise ouvertement les séparatiste du Polisario comme un instrument de déstabilisation régionale".
Selon lui, ce tournant espagnol dans l’affaire du Sahara marocain est le "fruit d’une diplomatie marocaine performante qui a su formuler avec force, conviction et détermination ses postulats et défendre ses droits".
Le célèbre épisode de tension avec un puissant pays européen comme l’Allemagne qui a fini par se résorber au profit d’une compréhension allemande des intérêts vitaux du Maroc en est la parfaite illustration, remarque le politologue, ajoutant qu’avec l’Espagne voisine, le langage a été à la fois subtile et très ferme.
Il s’agissait de demander à Madrid de clarifier ses positions et de sortir de cette zone grise qui autorise toutes les hypocrisies. La fermeté de la diplomatie marocaine doublée d’une main tendue pour le dialogue, régulièrement exprimée dans les discours de SM le Roi Mohammed VI, ont fini par créer une situation espagnole où le pays n’avait d’autres choix qu’entre l’escalade de tensions et de ruptures et le réalisme politique, soutient le commentateur.
Pour Tossa, la lettre de Pedro Sanchez à SM le Roi Mohammed VI "illustre parfaitement" cette prise de conscience espagnole a l’égard du voisin marocain. Cette nouvelle réalité est si évidente que le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares a cru opportun de rappeler que "la stabilité et la prospérité de l’Espagne et du Maroc sont intimement liées".
Ce soutien espagnol à garantir "la souveraineté et l’intégrité territoriale" du Maroc est "si important qu’il est susceptible de créer d’autres dynamiques capables de changer toute la physionomie politique régionale", relève le politologue.
Articles en relations
Politique
Politique
Politique
Politique