Société
Stress hydrique: quelles mesures à venir?
30/05/2023 - 14:55
Aya Lankaoui (Stagiaire) | Morad Karakhi
En raison des conditions climatiques défavorables marquées par une diminution des précipitations, le Maroc fait face à une situation hydrique préoccupante. C'est dans ce contexte que le ministre de l'Équipement et de l'eau, Nizar Baraka, a annoncé l'adoption de nouvelles mesures pour faire face à ces défis. Les détails.
La quantité des ressources en eau naturelles par habitant est passée de 2560 mètres cubes en 1960 à 606 mètres cubes actuellement, tandis que les apports en eau des réservoirs ont atteint leur niveau le plus bas depuis 1945, avec une moyenne de 3,6 milliards de mètres cubes.
A cet effet, et pour faire face aux grands défis liés à la sécurité hydrique un grand chantier sera mis en œuvre, a indiqué le ministre, lors d’une présentation devant le groupe parlementaire du Rassemblement national des indépendants à la chambre des représentants lundi 29 mai.
Lors de cette présentation intitulée "Les ressources en eau au Maroc : mesures actuelles et futures", le ministre a indiqué que les mesures adoptées dans le cadre de ce chantier visent à ce que "l'eau ne soit pas un obstacle au développement économique et social" du royaume.
Ledit chantier repose sur la fourniture de plus d'un milliard de mètres cubes d'eau dessalée chaque année pour l'eau potable, l'industrie, le tourisme et l'irrigation, la conversion de 500 à 800 millions de mètres cubes d'eau du bassin du Sebou vers les bassins de Bouregreg et de l'Oum Er-Rbia en tant que volume moyen annuel excédentaire, 70 millions de mètres cubes pour préserver la nappe phréatique de Berrechid et 125 millions de mètres cubes pour préserver la nappe phréatique de Saïss.
Les objectifs de ce projet, dont les grandes lignes ont été présentées par Baraka dans la présentation consultée par SNRTnews, comprennent la fourniture de 100 millions de mètres cubes d'eaux usées traitées pour l'irrigation des espaces verts, des terrains de sport, l'utilisation industrielle et l'irrigation de certaines cultures agricoles, ainsi que l'amélioration de l'efficacité des réseaux de distribution d'eau potable dans les zones urbaines, passant de 76% actuellement à 80% en 2030.
Selon la présentation de Baraka, ce chantier contribuera à l'économie de l'eau agricole et assurera l'approvisionnement permanent en eau potable, touristique et industrielle des grandes villes, en plus de réduire le déficit hydrique dans les secteurs d'irrigation.
Dans le même sillage, le ministre a souligné que des mesures ont été prises pour surmonter la situation du stress hydrique et à garantir l'eau potable, notamment la signature d'un ensemble d'accords entre les différents intervenants concernant les bassins de Moulouya, Oum Er-Rbia, Tensift et la région de Drâa-Tafilalet, pour un coût total d'environ 2,3 milliards de dirhams.
Il est également prévu, la réalisation de 129 petits barrages d'un coût de 4,27 millions de dirhams, ainsi que le soutien à l'approvisionnement en eau potable des zones rurales pour un coût de 4,31 millions de dirhams.
Parmi ces mesures, il est également prévu l'adoption d'un programme d'urgence et complémentaire, comprenant deux accords pour l'achat de stations mobiles de dessalement d'eau de mer et de stations de déminéralisation des eaux usées, d'un montant de 600 millions de dirhams, l'achat et la location de camions citernes d'un coût de 971 millions de dirhams ainsi que le lancement de la réalisation de la section urgente pour le transfert de l'excédent d'eau du bassin de Sebou vers le bassin de Bouregreg.
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