Société
Une nouvelle espèce de mosasaure découverte au Maroc
08/01/2025 - 19:11
Mohammed Fizazi
Des chercheurs ont identifié une nouvelle espèce de mosasaure, Carinodens acrodon, dans les phosphates du bassin d’Oulad Abdoun, au Maroc. Cette découverte, publiée dans la revue scientifique Diversity, apporte un éclairage inédit sur la diversité des mosasaures à la fin du Crétacé et révèle des adaptations évolutives jusqu’ici méconnues.
Les fossiles de Carinodens acrodon proviennent de la Couche III supérieure des phosphates marocains, une formation stratigraphique du Maastrichtien supérieur, réputée pour sa richesse en vestiges de faune marine. Les spécimens incluent une mâchoire supérieure presque complète, une mandibule et plusieurs dents associées, toutes bien conservées. Cette nouvelle espèce se distingue par ses dents dotées de couronnes triangulaires hautes et pointues, des traits considérés comme primitifs par rapport aux autres espèces connues du genre Carinodens. Contrairement à C. minalmamar et C. belgicus, qui possèdent des couronnes plus rectangulaires et aplaties, C. acrodon représente un lignage plus ancien, ayant survécu jusqu’à la fin du Crétacé.
Les analyses paléontologiques montrent que Carinodens acrodon était un durophage, c’est-à-dire un prédateur spécialisé dans la consommation de proies à carapace dure. Toutefois, ses caractéristiques morphologiques suggèrent qu’il se nourrissait de proies aux coquilles fines et fragiles, comme les ammonites, les oursins et d’autres mollusques, plutôt que de coquilles épaisses. Ses mâchoires allongées et relativement fines, combinées à une force de morsure réduite, le différencient des autres durophages tels que ceux du genre Globidens, connus pour leurs dents aplaties adaptées au broyage intensif. Cette stratégie alimentaire unique témoigne d’une adaptation évolutive originale au sein des mosasaures.
La Couche III supérieure, d’où proviennent les fossiles de Carinodens acrodon, abrite une biodiversité exceptionnelle. Pas moins de 16 espèces de mosasaures y ont été recensées, faisant de cette région l’une des plus riches au monde pour cette période. Ces reptiles marins, très diversifiés, occupaient une grande variété de niches écologiques, allant des prédateurs spécialisés aux consommateurs de coquillages. Cette diversité reflète un écosystème marin complexe et résilient, qui a prospéré jusqu’à l’extinction massive du Crétacé-Paléogène.
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