Société
Cannabis: les agriculteurs de "Beldia" soulignent l’importance de la Grâce Royale
23/08/2024 - 14:06
Youness Oubaali | Hamza BAMMOU
Après avoir semé les graines en avril, la récolte de "Beldia" a commencé durant cette saison dans la commune montagneuse de "Issaken" où les agriculteurs sont au stade de séchage de la plante et son stockage.
La culture de cette variété a été légalisée et des dizaines de licences ont été accordées aux agriculteurs de la région selon des conditions et un cahier des charges et après avoir réalisé une étude scientifique sur les caractéristiques de la plante.
Tout cela a encouragé les habitants de la région à adhérer aux coopératives qui ont été créées, surtout qu’ils ont un savoir-faire et qu’ils ont cultivé cette plante depuis des années avant la légalisation. Ce n’est pas tout, la "Beldia" a toujours été toujours liée à ce lieu, contrairement aux régions de Chefchaouen et de Taounate, et les agriculteurs affirment que la production est abondante et que la culture d'une autre variété ne réussit pas, surtout si cette variété est importée de l'étranger.
Dynamisme croissant
La légalisation et l'octroi de licences ont contribué à la création de coopératives, et les agriculteurs ont commencé à travailler collectivement et à développer l'agriculture dans un cadre légal.
Visitée par l’équipe de SNRTnews, la coopérative Adbib a réussi à planter environ 30 hectares en avril dernier et à travailler dans les règles de l’art.
L'état d'avancement de la production de "Beldia" oblige l'agriculteur à surveiller constamment le ciel avec crainte et vigilance puisque les bottes de la récolte doivent être exposées au soleil toute la journée et tout changement de météo les obligent à les mettre dans des lieux de stockage et de séchage précis pour ne pas abimer la plante.
Désormais légalisée, les tiges de la plante peuvent être transformées en médicaments après avoir fait l'objet d'analyses de laboratoire.
Un processus qui s'effectue avec des moyens scientifiques précis, et qui est pris en charge par des unités de transformation réparties dans les trois régions concernées par la plante, notamment Chefchaouen, Taounate et Al Hoceima.
Conditions de travail sur le terrain
Le président de la coopérative, Abdellatif Adbib, a déclaré à SNRTnews que la plante a de nombreuses vertus médicinales et que les habitants ont demandé à ce qu'elle soit légalisée et prise en charge, afin d'en faire profiter la population et d'assurer le développement socio-économique de la région.
La coopérative n'a commencé à fonctionner qu'après avoir obtenu une licence de l’ANRAC et après avoir répondu à des critères et conditions bien précis.
Ainsi, chaque coopérative est tenue d’avoir un registre de suivi des semences de "Beldia" et de s’engager d'acheter la production obtenue auprès d'agriculteurs autorisés par l'ANRAC, membres de la coopérative de production et ayant cultivé cette variété. Ils doivent également contracter avec une entreprise pharmaceutique pour lui vendre tous les extraits de plantes dont la teneur en THC est supérieure ou égale à 1%, comme le prévoit la loi n° 21- 13 relative aux usages légitimes du cannabis.
L'acteur est également tenu de détruire tous les extraits végétaux dont la teneur en THC est supérieure ou égale à 1% à la fin du processus de traitement à des fins industrielles, de sorte qu'il ne reste que des extraits dont la teneur en THC est inférieure à 1%, au cas où le fabricant pharmaceutique concerné ne respecterait pas les engagements convenus dans le contrat d'achat de la production de cannabis.
L'acteur doit également fournir les résultats de l'analyse effectuée par un laboratoire reconnu par l'Agence, qui prouve que la teneur en THC de la production à la fin de la phase de traitement de la variété "Beldia" est inférieure à 1 %.
Depuis le début de l'année 2024, l'Agence a autorisé l'utilisation de 1.634 quintaux de semences de "Beldia", sur la base de 106 licences accordées par ONSSA sur une superficie de 1.916 hectares pour 106 coopératives de production regroupant 1.816 agriculteurs.
L'utilisation de cette variété a été autorisée après une étude lancée par l'agence et l'Institut national de recherche agronomique (INRA) sur ses caractéristiques, a précisé M Adbib, ajoutant que ses responsables ont observé et vérifié les processus de travail, les caractéristiques, les conditions d’arrosage et la qualité du sol avant d’accorder l’autorisation.
La coopérative, comme toutes celles qui se sont engagées dans le chantier de la légalisation, compte sur davantage de soutien, d'accompagnement et de sensibilisation, ainsi que sur la disponibilité de possibilités et d'espaces pour établir des unités de transformation et d'exportation à proximité des lieux de production.
Grâce royale : Une décision très importante
Lors d'un entretien avec SNRTnews, certains acteurs de la coopérative ont souligné l'importance de la Grâce royale pour des milliers de personnes. Ils s'accordent à dire qu'elle les encouragera à rejoindre la coopérative, et le projet de légalisation en particulier.
Ils pensent que la coopérative augmentera le nombre de ses membres, d'autant plus qu'il y a des personnes poursuivies, dont certaines sont des membres de leur famille, qui voulaient rejoindre et cultiver la plante après la légalisation, mais leur statut judiciaire ne leur permettait pas de le faire. Ce qui a été confirmé par Adbib, qui a souligné que ce geste "a ouvert la porte" et qu'il encouragera les habiant à travailler dans ce sens. Ce qui fait l'unanimité des populations des régions concernées.
"Nous remercions Sa Majesté Le Roi pour cette initiative qui changera radicalement la situation", a déclaré Adbid. "Elle a ouvert des portes et résolu de nombreux problèmes, car les personnes concernées ne craignent plus d'être poursuivies, en particulier les petits agriculteurs, et peuvent travailler et obtenir une licence d'exploitation agricole", a-t-il ajouté.
Il a souligné que la grâce exige désormais de travailler à la réussite du projet de légalisation, qui a débuté en 2021, et que les personnes libérées devraient rejoindre des coopératives, car cela leur sera bénéfique, d'autant plus que la plupart d'entre elles maîtrisent la culture de cette variété.
"Nous devons évoluer dans un cadre légal, créer des coopératives, contacter les autorités locales, régionales et nationales pour obtenir de l'aide et de la coordination, et mener des formations dans le domaine de la culture de Beldia, afin d'améliorer le rendement et la qualité, et d'avoir une plante dont nous sommes fiers", a-t-il ajouté.
Articles en relations
Société
Société
Société
Société