Politique
Dialogue social: Les syndicats et le patronat dans l’attente de la session d’avril
26/03/2026 - 10:00
Morad Karakhi
Les regards se tournent vers le prochain round du dialogue social prévu en avril et attendu de près par les centrales syndicales qui n'ont, à ce jour, reçu aucune invitation officielle de la part du gouvernement.
Les acteurs sociaux misent sur cette session, qui pourrait être la dernière sous le mandat de l'actuel gouvernement, pour remettre sur la table des dossiers en suspens. En tête de liste figurent l'augmentation des salaires, la mise en œuvre des accords précédents et la réforme des régimes de retraite. De leur côté, les employeurs réclament l'accélération des réformes liées au marché du travail.
Augmentation des salaires: une demande urgente face à l'inflation
Le secrétaire général de l'Union Marocaine du Travail (UMT), Miloudi Moukharik, a confirmé l'absence d'invitation gouvernementale pour le round d'avril. Il a exprimé sa crainte de voir se répéter le scénario de la session de septembre, lors de laquelle le gouvernement n'avait pas honoré ses engagements.
Dans une déclaration à SNRTnews, M. Moukharik a souligné que la revalorisation salariale demeure la priorité absolue des syndicats, compte tenu de l'érosion des augmentations précédentes face à la hausse des prix. Il appelle à une augmentation générale des salaires dans les secteurs public et privé, ainsi qu'à un relèvement du SMIG pour préserver le pouvoir d'achat.
Il a également réclamé une revalorisation des allocations familiales pour couvrir tous les enfants sans distinction, estimant que leur valeur actuelle (300 dirhams) est devenue insuffisante. À cela s'ajoutent l'amélioration des pensions de retraite et l'allégement de la pression fiscale sur les salaires.
Pour sa part, Younes Firachine, membre du bureau exécutif de la Confédération Démocratique du Travail (CDT), a affirmé à SNRTnews que l'amélioration des revenus constitue le levier principal de l'équilibre social, précisant que le salaire minimum doit s'aligner sur le coût de la vie pour garantir une vie digne.
Engagements en suspens
M. Firachine a précisé que la problématique ne réside pas uniquement dans les nouvelles revendications, mais aussi dans le respect des engagements passés. Il note un retard dans l'application de plusieurs accords, notamment ceux concernant les statuts de certaines catégories professionnelles (administrateurs, techniciens et ingénieurs).
Il a pointé du doigt l'absence ou la limitation du dialogue dans certains secteurs, appelant à la relance de discussions sectorielles régulières, particulièrement dans l'éducation, la santé, les collectivités territoriales et la gestion déléguée. Il a également alerté sur le recul des libertés syndicales, dont la protection est jugée essentielle au succès du dialogue. Concernant la retraite, il rejette toute réforme touchant aux acquis des salariés, qu'il s'agisse du report de l'âge de départ, de la hausse des cotisations ou de la baisse des pensions.
Le patronat attend la concrétisation des promesses gouvernementales
De l'autre côté, les chefs d'entreprise appellent à accélérer les réformes du marché du travail. Hicham Zouanat, président de la commission sociale de la CGEM, a insisté sur la nécessité pour le gouvernement de respecter les termes des accords antérieurs.
Il a expliqué à SNRTnews que les entreprises attendent la finalisation du cadre législatif sur le droit de grève via ses décrets d'application, ainsi que des amendements au Code du travail pour le rendre plus flexible face aux mutations numériques et technologiques.
Enfin, il a souligné l'importance d'une réforme globale de la formation professionnelle pour répondre aux besoins du marché, rappelant que les employeurs ont respecté leurs engagements et attendent désormais que le gouvernement en fasse de même.
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