Monde
Europe: la réduction des fonds d’aide Covid-19 pourrait provoquer une crise
06/08/2021 - 19:34
SNRTnews
Les gouvernements parient sur la généralisation de la vaccination anti-Covid-19 et sur un rebond économique pour relancer l'économie après le ralentissement provoqué par la pandémie. Toutefois, une suppression ou même une réduction trop rapide des aides étatiques pourraient avoir des répercussions néfastes sur l'économie européenne.
Durant presque 18 mois, les gouvernements à travers l’Europe se sont appuyés sur des programmes d’aide d’urgence afin de soutenir leurs économies face à la crise du Covid-19. Désormais, les gouvernements à travers l’Europe commencent à supprimer certaines de ces mesures, comptant sur une croissance économique en plein essor et sur le pouvoir des vaccins pour supporter, dorénavant, la charge.
L'économie de la zone euro est enfin sortie d'une récession à double creux, ont montré les données de la semaine dernière, inversant le pire ralentissement de la région depuis la Seconde Guerre mondiale. Les gouvernements de l'Union européenne, qui ont dépensé près de 2 000 milliards d'euros en aide et en relance économique durant la pandémie, ont assoupli pour presque toutes les entreprises les restrictions de fermeture imposées durant le confinement, alors qu’ils sont sur le point de vacciner entièrement 70% des adultes d'ici l'automne pour aider à cimenter le rebond.
Tout de même, les économistes européens craignent, que si les gouvernements décident de supprimer les programmes d’aide, une grande partie d’employés risqueront de perdre leurs emplois une fois l'aide étatique est retirée. Un panel gouvernemental a récemment appelé à "la plus grande prudence" quant à la réduction encore plus poussée de l'aide d'urgence à la fin de l'été.
Plusieurs secteurs économiques ont vu leur activité se ralentir dû aux mesures de confinement. L’activité des secteurs de l'hôtellerie et du voyage, par exemple, a baissé jusqu'à 70 % en dessous des niveaux d'avant la pandémie. "Les gouvernements ont fourni un soutien très généreux pendant la pandémie, et cela avait des résultats positifs", a déclaré Bert Colijn, économiste principal de la zone euro chez ING. "Couper l’aide trop rapidement pourrait créer une réplique qui aurait des effets économiques négatifs après avoir tant fait", a-t-il averti.
La tension est visible en France, où le nombre de cas de contamination a augmenté de plus de 200% par rapport à la moyenne d'il y a deux semaines, ce qui a incité le président Emmanuel Macron à essayer de pousser les Français à se faire vacciner en menaçant de rendre plus difficile les achats, les repas ou encore l’emploi pour les personnes qui refusent de se faire vacciner. Pourtant, certaines aides étatiques en France, y compris un financement généreux de l'État qui a empêché les licenciements massifs en subventionnant les salaires, et un allégement pour certaines entreprises qui ont du mal à payer leurs factures, ont été réduites.
En Grande-Bretagne, le programme de congé mis en place par l’Etat a sauvé 12 millions d'emplois et maintient désormais moins de deux millions de travailleurs en disponibilité. Néanmoins, après sa fin en septembre, environ 250 000 personnes risquent de perdre leur emploi, a prévu la Banque d'Angleterre. En effet, le gouvernement a suspendu les subventions pour la réouverture des entreprises après les fermetures dû au Covid-19 et mettra fin à un complément spécial d'allocations de chômage d'ici octobre.
De sa part, l'Allemagne a récemment annulé une règle dispensant les entreprises de déclarer faillite si elles ne peuvent pas payer leurs factures. La mesure consistant à accorder une sorte de "vacances" de remboursement des dettes pour les entreprises qui ont contracté des prêts bon marché garantis par le gouvernement va bientôt disparaître aussi bien en Allemagne que dans la plupart des pays de la zone euro.
En effet, les gouvernements parient que la dynamique de croissance sera suffisante pour sevrer leurs économies des appareils de survie. "Nous ne pouvons pas utiliser l'argent public pour compenser indéfiniment les pertes du secteur privé", a déclaré Guntram Wolff, directeur de Bruegel, une institution de recherche économique basée à Bruxelles. "C’est pourquoi nous devons trouver une stratégie de sortie".
Articles en relations
Société
Monde
Monde