Société
Hausse inquiétante du nombre de décès sur les routes en 2024: les deux-roues en ligne de mire
07/07/2025 - 13:43
Mohammed FizaziLa situation de la sécurité routière au Maroc reste préoccupante, selon la présentation des chiffres définitifs pour l’année 2024 par l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA).
Lors d’une conférence de presse, le directeur de l’agence, Benacer Boulaajoul, a souligné la nécessité de rompre avec la tendance haussière des accidents de la route, en décalage avec l’évolution d’autres indicateurs tels que l’accroissement du parc automobile
La NARSA a recensé 4024 décès dus à des accidents de la route en 2024, soit une augmentation de 5,37% par rapport à 2023 et de 6,57% par rapport à 2015. Les cinq premiers mois de 2025 confirment une aggravation de la situation avec une hausse de 20,9% des décès, 21% des blessés graves et 14% des blessés légers.
Par rapport à l’année de référence 2015, l’évolution atteint 28,5 %, ce qui impose, selon Boulaajoul, une mobilisation conséquente pour freiner ce phénomène.
Disparités régionales et poids croissant des deux-roues
Aucune région du Royaume n’échappe aux accidents de la route, bien que certaines zones enregistrent des baisses, comme Béni Mellal-Khénifra (-9%), Drâa-Tafilalet (-6%) et Guelmim-Oued Noun (-13%), en raison d’un nombre plus réduit de véhicules. En revanche, les régions de Marrakech-Safi (+38%) et Souss-Massa (+40%) connaissent les hausses les plus marquées, principalement à cause de l’usage intensif des motos.
La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma enregistre 28% des accidents, suivie par l’Oriental (21%), Rabat-Salé-Kénitra (20%) et Fès-Meknès (16%).
Les motos, principal facteur aggravant
Boulaajoul a indiqué qu’en excluant les motocyclistes et les piétons, une baisse d’environ 28% du nombre de décès aurait pu être observée. Depuis 2015, les décès parmi les usagers de deux ou trois-roues motorisés ont augmenté de 63%, représentant quelque 672 victimes supplémentaires.
Plus de 400 décès ont été causés par des collisions impliquant ces véhicules, devenus un véritable enjeu de société. Le recours accru aux motos, notamment pour les services de livraison après la pandémie de Covid-19, est accompagné de comportements routiers à risque, accentuant la gravité des accidents.
L’agence note une augmentation de 14 points du taux de mortalité en milieu urbain entre 2015 et 2024. L’usage intensif des motos et la vitesse sont pointés du doigt comme des facteurs majeurs de cette urbanisation croissante des accidents.
Mesures envisagées pour freiner l’hémorragie
Parmi les mesures proposées, la NARSA insiste sur le port du casque pour les conducteurs et passagers de motos, en conformité avec les normes de sécurité. En 2022, seuls 58% des conducteurs et 32% des passagers en milieu urbain déclaraient porter un casque, contre respectivement 65% et 40% en dehors des villes.
La majorité des infractions liées au non-respect des feux rouges (78%) concernent cette catégorie d’usagers. L’agence prévoit donc d’intégrer les motos dans le système de contrôle automatisé à l’aide de radars fixes, en surveillant notamment les plaques d’immatriculation et les excès de vitesse.
Quant aux piétons, qui représentent plus de 1000 décès annuels, un accent sera mis sur le respect des passages piétons, tant par les automobilistes que par les piétons eux-mêmes. Des campagnes de sensibilisation et des opérations de contrôle sont prévues à cet effet.
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