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Mondial 2026: Faut-il se méfier du Canada?
01/07/2026 - 18:00
Amine Oubaha
Au sortir d’un exploit face aux Pays-Bas, les Lions de l’Atlas retrouvent le Canada en huitièmes de finale. Un adversaire discret mais accrocheur, capable de transformer chaque match en combat longtemps indécis.
Éliminer les Pays-Bas, l'un des favoris de cette compétition, a placé les Lions de l'Atlas parmi les grands de cette Coupe du monde. Porté par une qualification acquise au terme d'une séance de tirs au but irrespirable, le Maroc abordera son huitième de finale contre le Canada, samedi 4 juillet, avec le statut de favori. Mais ce statut ne garantit rien.
Car en face se présente une équipe canadienne qui n'a cessé de grandir depuis le début du tournoi et qui n'a certainement pas oublié sa défaite face au Maroc lors de la Coupe du monde 2022.
Face aux Pays-Bas, les hommes de Mohamed Ouahbi ont envoyé un message fort. Dominateurs dans le jeu, ils ont confisqué le ballon (70% de possession contre 30%), imposé leur rythme et obligé les Oranje à défendre pendant de longues séquences. Une prestation aboutie qui confirme les progrès d'une sélection marocaine désormais capable de maîtriser les matchs face aux grandes nations. Mais le Canada possède des arguments qui pourraient compliquer la tâche des Lions de l'Atlas.
Une équipe qui ne renonce jamais
Sous la direction de Jesse Marsch, les Canadiens ont progressivement trouvé leur rythme. Après un nul contre la Bosnie-Herzégovine (1-1), ils ont infligé une véritable correction au Qatar (6-0), avant de s'incliner de peu face à la Suisse (2-1).
Leur qualification s'est finalement jouée contre l'Afrique du Sud, avec une victoire étriquée (1-0), preuve de leur capacité à gagner même lorsque tout ne fonctionne pas parfaitement. Cette équipe donne surtout l'impression de ne jamais sortir de son plan de jeu. Elle presse avec intensité, attaque rapidement la profondeur et cherche constamment à accélérer les transitions.
Un potentiel offensif encore frustré
Paradoxalement, le principal point faible du Canada reste son efficacité offensive. Face à l'Afrique du Sud, les hommes de Jesse Marsch ont produit 1,54 but attendu (xG) et se sont créé plusieurs occasions franches sans parvenir à les convertir avec régularité. Deux des meilleures situations sont notamment venues sur coups de pied arrêtés, mais les Sud-Africains ont multiplié les interventions défensives décisives.
Les statistiques illustrent ce manque de réalisme. En neuf rencontres, le Canada n'a inscrit que trois buts malgré 71 tirs, dont 29 cadrés. Les Canadiens ont également créé 27 grosses occasions, mais en ont raté 13. Une équipe capable de se procurer des situations, mais qui peine encore à faire preuve d'efficacité dans le dernier geste.
Jonathan David comme principal danger
Même privé de plusieurs cadres, le Canada reste dangereux. Jonathan David demeure la principale menace offensive. Auteur d'un triplé contre le Qatar, l'attaquant de la Juventus est capable de faire basculer une rencontre sur une seule action. Autour de lui, les Canadiens misent sur un jeu direct, beaucoup de courses et une forte intensité physique.
En revanche, Jesse Marsch doit composer avec deux absences majeures. Ismaël Koné a quitté la compétition après une fracture de la jambe, tandis qu'Alphonso Davies n'a toujours pas disputé la moindre minute de ce Mondial en raison d'une rechute après son retour de blessure. Deux pertes qui réduisent considérablement la capacité du Canada à accélérer balle au pied.
Malgré ces absences, la défense canadienne reste solide. Jesse Marsch s'appuie depuis le début du tournoi sur un quatuor composé d'Alistair Johnston, Luc De Fougerolles, Derek Cornelius et Richie Laryea, devant le gardien Maxime Crépeau. Cette stabilité défensive permet au Canada de rester compétitif, même lorsque son attaque manque de réalisme.
Un parfum de revanche
Cette affiche réveille forcément un souvenir particulier. Lors de la Coupe du monde 2022, le Maroc s'était imposé 2-1 face au Canada lors de la phase de groupes, validant sa qualification pour les huitièmes de finale avant de signer son parcours historique jusqu'au dernier carré. Quatre ans plus tard, le contexte est différent, mais le sentiment de revanche existe probablement dans le camp canadien.
Le Maroc possède davantage d'expérience à ce niveau, davantage de certitudes dans son jeu et une confiance renforcée par son exploit face aux Pays-Bas. Le Canada, lui, avance sans pression, avec un football intense et une volonté de défier toutes les hiérarchies.
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