Société
Huile d’olive impropre à la consommation: 58 dossiers soumis à la justice
08/01/2026 - 15:03
Youness Oubaali
Les opérations de contrôle menées par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) ont abouti à la soumission de 58 dossiers relatifs à de l’huile d’olive impropre à la consommation devant les juridictions compétentes.
Le contrôle des huiles d'olive revêt une importance particulière en cette période de l'année, car elle coïncide avec le pic de la saison de pressage et de commercialisation. Cette période connaît une forte demande et un afflux important de produits sur les marchés, surtout avec une production abondante par rapport aux années précédentes, ce qui a entraîné une baisse des prix de vente.
Contrôle et autorisations
Jusqu’à fin décembre 2025, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a délivré 727 autorisations sanitaires aux unités de trituration de l’huile d’olive, y compris les unités d’extraction de l’huile de grignon (fitour), conformément aux procédures légales en vigueur. C’est ce qu’a indiqué Khadija Arif, cheffe du service de contrôle des produits végétaux et d’origine végétale à l’ONSSA.
Parallèlement, Mme Arif a affirmé dans une déclaration à SNRTnews, que l’ONSSA met en œuvre un programme spécifique de contrôle de l’huile d’olive tout au long de l’année, avec une attention particulière durant la saison de production. Des échantillons d’huile d’olive sont ainsi prélevés et analysés dans des laboratoires spécialisés afin de vérifier leur conformité aux normes sanitaires et de qualité en vigueur.
Les opérations de contrôle concernent également l’huile d’olive mise en vente sur les marchés et dans les commerces, dans le cadre des commissions locales mixtes, chargées de surveiller les conditions d’exposition et de commercialisation et de lutter contre toutes les formes de fraude et de falsification.
Qu’est-ce que le "fitour" et quand son utilisation est-elle légale ?
Ces saisies ont relancé le débat sur l’utilisation du grignon d’olive (résidu solide du pressage) communément appelé "fitour", de ses différents types et des limites de son usage, notamment au sein des huileries.
Selon les explications de la responsable, le contrôle de l’huile d’olive et des huiles de "fitour" est régi par les dispositions légales prévues par le décret n° 2.14.268 du 29 janvier 2015, relatif à la qualité et à la sécurité sanitaire des huiles d’olive et des huiles de fitour commercialisées, ainsi que par l’arrêté conjoint n° 293.16 du 2 février 2016, qui fixe les caractéristiques physiques, chimiques et/ou organoleptiques requises pour ces huiles.
Conformément à ces textes réglementaires, les huiles d’olive sont classées en plusieurs catégories, à commencer par les huiles d’olive vierges, extraites exclusivement des fruits de l’olivier par des procédés mécaniques ou physiques, dans des conditions thermiques ne portant pas atteinte à la qualité de l’huile et sans aucun traitement chimique.
Les huiles d’olive vierges se déclinent en :
• Huile d’olive vierge extra, dont l’acidité libre ne dépasse pas 0,8 % ;
• Huile d’olive vierge, dont l’acidité libre est supérieure à 0,8 % sans dépasser 2 % ;
• Huile d’olive vierge courante, dont l’acidité libre ne dépasse pas 3,3 %.
Les classifications comprennent également les huiles d’olive raffinées, obtenues à partir d’huiles d’olive vierges par des procédés de raffinage physiques et chimiques n’altérant pas la structure glycéridique de l’huile, et dont l’acidité libre ne dépasse pas 0,3 %.
On distingue aussi l’huile d’olive, issue du mélange d’huile d’olive raffinée et d’huile d’olive vierge propre à la consommation, avec une acidité libre maximale de 1 %.
Concernant les huiles de fitour, les données officielles précisent qu'il s'agit d'une huile extraite par le traitement des résidus de trituration des olives (grignons) à l’aide de solvants ou par d’autres procédés physiques.
Cette catégorie comprend :
• L’huile de fitour raffinée, extraite du fitour brut à l’aide de techniques de raffinage, sans modification de sa structure glycéridique initiale, et dont l’acidité libre ne dépasse pas 0,3 % ;
• L’huile de grignon d’olive, issue d’un mélange d’huile de fitour raffinée et d’huile d’olive vierge, avec une acidité libre ne dépassant pas 1 %.
Le fitour n’est pas considéré comme un produit alimentaire en soi. Son utilisation est autorisée uniquement conformément aux dispositions légales en vigueur et au sein d’unités agréées pour l’extraction de l’huile de fitour. La commercialisation de toute huile issue du fitour sous l’appellation d’"huile d’olive vierge" est strictement interdite, car elle constitue une pratique illégale, rappelle la cheffe du service de contrôle des produits végétaux et d’origine végétale à l’ONSSA.
Articles en relations
Economie
Société
Economie
Economie