Art & Culture
Hussein Fahmy à SNRTnews : "Le cinéma est ma vie, et la liberté est le fondement de la création"
29/11/2025 - 16:30
Morad Karakhi | Hamza BAMMOUDans cet entretien accordé à SNRTnews, l’acteur égyptien Hussein Fahmy évoque l’hommage qui lui est rendu dans le cadre de la 22e édition du Festival international du film de Marrakech. Il revient sur un parcours artistique de plus de cinquante ans, partage son regard sur la nouvelle génération et répond au débat suscité par sa participation au film "L’Athée" (Al-Molhed).
Hussein Fahmy s’est dit très heureux d’être présent et honoré au Festival international du film de Marrakech, au milieu du public marocain. Il confie que cette expérience d’hommage a été "magnifique et chargée d’émotions", d’autant plus que le Maroc a accueilli le tournage de son premier film, "Mon sang, mes larmes et mon sourire", et qu’il avait assisté à la première édition du festival.
Revenant sur sa longue carrière, Fahmy explique que "le temps passe vite" et qu’il a réalisé énormément de choses durant ces cinquante années. Il rappelle avoir étudié au sein de l’Institut du cinéma du Caire, puis terminé ses études à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Il a ensuite travaillé pendant trois ans aux États-Unis dans la publicité et les courts-métrages.
Il ajoute: "Je suis plongé dans le cinéma depuis l’enfance. J’ai beaucoup aimé le cinéma égyptien, je m’y suis intéressé de près et j’ai contribué à de nombreux films en noir et blanc. Aujourd’hui, je participe à leur restauration. Le cinéma a occupé toute ma vie". Hussein Fahmy indique par ailleurs qu’il souhaiterait expérimenter la réalisation à l’avenir.
Interrogé sur sa perception de la nouvelle génération, il déclare "Il y a beaucoup de jeunes talents, et certains possèdent un potentiel immense. Quant à la personne qui pourrait incarner ma vie, le choix revient au public".
À propos de la controverse entourant le film "L’Athée", il affirme être "contre tout jugement porté sans avoir vu l’œuvre". Il précise "Je suis totalement contre la censure. J’ai toujours défendu la liberté, car la création naît de la liberté. Chaque artiste doit pouvoir exprimer son point de vue. Ceux qui ne sont pas d’accord peuvent présenter leur opinion, mais l’interdiction limite la créativité".
Depuis ses débuts, Hussein Fahmy a marqué le cinéma égyptien par un style unique, mélange de traits européens et d’une présence charismatique. Il s’est forgé une légende dans l’histoire du cinéma arabe, se voyant décerner les surnoms de "Prince de l’écran arabe" ou encore "Le Prince" par le public.
Malgré la diversité de ces appellations, son nom est resté associé à sa capacité à naviguer avec aisance entre comédie et drame, offrant des dizaines d’œuvres qui ont marqué la mémoire du public. Sur un demi-siècle, Fahmy a incarné la modernité et la diversité du cinéma égyptien, en tant qu’acteur, réalisateur et producteur.
Parmi ses films les plus emblématiques figurent "Fais attention à Zouzou", "La balle est toujours dans ma poche", "La Honte", "Attention, Messieurs", "La Nuit où la lune a pleuré", "Course de bêtes".
À la télévision, il a laissé une empreinte tout aussi forte avec des œuvres marquantes telles que :
"Waraak wal-zaman tawil", "La rose et l’épée", "L’épouse est la première informée", "Les Dames de Garden City", "Hommes du monde, unissez-vous, les femmes arrivent".
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