Société
La plainte contre "Ness Ness" rejetée par la justice
05/05/2021 - 23:27
SNRTnews
Le tribunal de première instance de Rabat a rejeté mercredi la plainte déposée par un avocat contre le sitcom "Café Ness Ness", diffusé en ramadan par Al Aoula.
La plainte visant le sitcom "Café Ness Ness", diffusé pendant ce ramadan par Al Aoula, a été rejetée mercredi par le tribunal de première instance de Rabat. Le plaignant supportera les frais de la plainte, apprend-t-on du site du ministère de la Justice, Mahakim.ma.
L’avocat à l’origine de la plainte estime que la série "présente une image négative de la profession d'avocat". Le sujet avait suscité beaucoup d’indignation dans le milieu artistique. L'acteur et écrivain Mohamed Choubi protestait, dans une déclaration à SNRTnews, contre la poursuite en justice d'un travail artistique. "Dans nos œuvres d’art, nous ne parlons pas de la profession parce qu’elle est sacrée et sa sacralité est préservée par ceux qui la pratiquent. Nous parlons par contre de personnes qui pratiquent différentes professions et qui peuvent être bonnes ou mauvaises", expliquait-il.
Après avoir étudié l'ensemble de ces plaintes et délibéré à leur sujet, le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle a conclu, lors de sa réunion du 27 avril 2021, que le droit à la liberté de création "doit être garanti tout particulièrement quand il s’agit d’œuvres de fiction".
Dans un avis rendu le 2 mai, la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) soulignait que "l'œuvre fictionnelle ne peut s’accomplir ni prétendre à une valeur artistique sans une liberté effective à tous les niveaux de la conception de l’œuvre : le scénario, les situations, les scènes, les profils des personnages, les dialogues, etc. Cet impératif de liberté est encore plus patent lorsqu'il s'agit d'œuvres comiques ou parodiques".
L'instance chargée de la régulation du paysage audiovisuel marocain affirmait aussi que "la représentation critique d'une profession concernée dans une œuvre audiovisuelle de fiction ne constitue pas une diffamation telle qu'elle est légalement définie, ni ne comprend nécessairement une intention d’offenser ou de nuire. Elle renvoie en revanche au droit de l’auteur de l’œuvre de faire, en toute liberté, les choix artistiques qui lui conviennent".
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