Monde
L'administration Trump reconnaît une "erreur" dans sa politique d'expulsion
01/04/2025 - 19:44
AFP
La politique migratoire de Donald Trump était sous le feu des critiques mardi après qu'une "erreur administrative" a conduit à l'expulsion d'un étranger sous statut légal vers une prison salvadorienne
L'administration américaine vise les immigrés sans papiers depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump fin janvier, les accusant d'être des criminels affiliés à des gangs de malfaiteurs.
Mais des mouvements de défense des sans-papiers, des démocrates et même désormais des défenseurs du président républicain estiment que le coup de filet vise aussi des personnes sans lien avec le crime organisé.
Selon une procédure judiciaire lancée lundi, un Salvadorien résidant légalement aux États-Unis a ainsi été rapatrié le mois dernier à bord d'un vol qui transportait des centaines de personnes accusées d'être affiliées à la pègre.
L'homme, du nom d'Abrego Garcia, avait été accusé en 2019 de faire partie d'un groupe mafieux, mais la justice américaine l'avait ensuite blanchi et interdit son expulsion au motif qu'il risquait des représailles à son retour dans son pays.
Dans les documents judiciaires déposés lundi, les avocats du pouvoir exécutif ont reconnu que l'expulsion de M. Abrego Garcia relevait d'une "erreur administrative", mais expliqué qu'ils n'avaient pas le pouvoir d'obtenir sa libération, l'homme ne se trouvant plus sur le territoire américain.
Pressée de s'expliquer mardi, la Maison Blanche a affirmé que des preuves non publiées montraient qu'Abrego Garcia était "en fait un dirigeant du brutal gang MS-13".
La Mara Salvatrucha, dite "MS-13", est une organisation criminelle internationale originaire du Salvador et créée à Los Angeles dans les années 1980.
Elle fait partie des huit cartels latino-américains classés le 20 février par le département d'Etat comme organisations "terroristes", une qualification qui élargit l'éventail des actions offertes aux autorités luttant contre le crime organisé.
"Les terroristes étrangers n'ont plus de protections légales aux Etats-Unis et il ressort du pouvoir et de l'autorité exécutive du président d'expulser ces individus odieux hors des communautés américaines", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.
Le vice-président JD Vance a également assuré que M. Abrego Garcia était bel et bien membre du MS-13.
"Les médias ont décidé que les vraies victimes sont les gangsters que nous essayons d'expulser du pays", a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
D'autres cas potentiellement similaires ont été soulevés par la presse américaine, des avocats affirmant que leurs clients n'ont été ciblés qu'à cause de leurs tatouages, un signe souvent distinctif des mafias d'Amérique centrale.
L'animateur Joe Rogan, qui avait apporté son soutien sur son podcast très écouté à Donald Trump en fin de campagne électorale l'an dernier, s'est alarmé de l'expulsion d'un coiffeur homosexuel.
"On ne peut qu'être effrayé de voir que des gens qui ne sont pas des criminels sont pris dans la nasse et expulsés vers des prisons au Salvador", a-t-il déclaré samedi.
"Expulsons les gangsters, tout le monde est d'accord. Mais ne laissons pas d'innocents coiffeurs gays embarquer avec les gangs", a-t-il plaidé.
Articles en relations
Monde
Monde
Monde
Monde