Art & Culture
L’animation: Le Maroc deviendra-t-il une destination de choix pour les grands studios et générera-t-il un milliard de dollars par an?
27/10/2024 - 20:17
Abderrahim Smougni | Fahd MerrounLahcen Bahij, propriétaire d’un studio spécialisé dans l’animation, pense que le Maroc pourrait attirer des investissements majeurs dans ce domaine.
Il estime que le pays pourrait adopter une politique d’externalisation, comme c’est le cas pour les centres d’appels ou l’industrie automobile, d’autant plus que la jeunesse marocaine est qualifiée et que la demande pour ce secteur est en forte croissance.
En marge d’une conférence sur le cinéma d’animation, organisée dans le cadre du Festival National du Film à Tanger, M. Bahij a expliqué à SNRTnews que le chiffre d’affaires mondial de l’animation est estimé à 350 milliards de dollars et pourrait atteindre 630 milliards de dollars d’ici 2030. Selon lui, le Maroc pourrait dans un premier temps réaliser un chiffre d’affaires annuel compris entre 600 millions et un milliard de dollars.
M. Bahij souligne que les revenus de l’animation surpassent aujourd’hui ceux de l’industrie automobile. "Si le Maroc a réussi dans l’industrie automobile, il réussira certainement dans l’animation," affirme-t-il, en précisant que l’animation ne se limite pas aux dessins animés pour enfants, mais englobe également les films d’animation pour le cinéma et les programmes de jeux nécessitant des animateurs.
Pour ce Marocain, qui a émigré au début des années 1990 et fondé un studio d’animation à Lille, le Maroc pourrait créer un écosystème entièrement dédié à cette industrie. Le pays dispose de ressources humaines qualifiées et d’un fort potentiel créatif, mais cela nécessiterait également des investissements dans l’éducation dès le primaire, avec un apprentissage axé sur l’image, ainsi que la création d’écoles spécialisées.
Selon lui, l'Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion duTravail pourrait développer ce domaine. Il ajoute: "les grandes entreprises internationales forment leurs ingénieurs pour développer des compétences à la fois analytiques et créatives. C’est vers ce modèle que nous devons orienter notre jeunesse. Cela faciliterait l’implantation d’investissements et de contrats de sous-traitance avec les grands studios d’Amérique, d’Inde et de Chine, en offrant des coûts compétitifs".
M. Bahij conclut en expliquant à SNRTnews que la différence entre l’investissement étranger dans le cinéma et dans l’animation est que, dans le cinéma, les équipes de production, les acteurs et les techniciens repartent une fois le projet terminé, alors que les studios d’animation s’installent de façon durable.
Articles en relations
Art & Culture
Art & Culture
Art & Culture
Art & Culture