Art & Culture
Le cercle des neiges…un film glaçant !
09/01/2024 - 15:04
Khaoula BenhaddouSorti le 4 janvier 2024 sur Netflix, le nouveau film de Juan Antonio Bayona "La sociedad de la nieve" ou "le Cercle des neiges" fait froid dans le dos. Adapté d’une histoire vraie, ce film qui retrace l'histoire des survivants du crash de la Cordillère des Andes survenu en 1972 plonge le spectateur dans une ambiance glaciale où l’instinct de survie peut atteindre des sphères inimaginables !
Tout commence le 13 octobre 1972, lorsqu’une équipe de Rugby décide d’effectuer un voyage de rêve au Chili. Au bord du vol Fuerza Aérea Uruguaya 571, les 45 passagers et membres d’équipages décollent de l’aéroport Monteviedo en Uruguay pour se rendre à Santiago.
Dans une ambiance bon enfant, les jeunes de l’équipe de Rugby se taquinent, jouent et chantent pour fêter leur voyage de rêve.
En quelques fractions de secondes, le pilote perd le contrôle de l’engin qui finit par s’écraser dans la cordillère des Andes.
La vie des passagers bascule brusquement dans l’enfer de la douleur et du chagrin. Des 45 passagers, seuls 29 survivront et resteront coincés à 3500m d’altitude.
Dans un décor époustouflant, l’œil de Juan Antonio Bayona le réalisateur, plonge le spectateur dans la beauté des montagnes vêtues de blanc avant de montrer la cruauté survenue après le crash d’avion.
Coincés au milieu de températures glaciales, les survivants attendent impatiemment les secours qui finiront par abandonner les recherches à cause des conditions climatiques difficiles.
Quelques jours après le drame, les vivres viennent à manquer et certains meurent d’épuisement et de faim sous les regards impuissants des survivants qui doivent compter les uns sur les autres pour se réchauffer et survivre dans un environnement extrêmement difficile.
Si les liens humains tissés, tout au long des 72 jours, entre les survivants réchauffent les cœurs et bravent les températures glaciales, la faim qui tourmente leur nuit les poussent à tenter l’impensable !
Un sujet traité avec beaucoup de pudeur
Avec une mise en scène immersive portée par une narration poignante, les survivants se posent des questions existentielles, sur l’instinct de survie et sur la nécessité de manger pour survivre, au point de manger…la chair congelée de leurs amis décédés lors du crash.
Evitant tout sensationnalisme et loin des scènes qui retournent l’estomac, le réalisateur traite le sujet de cannibalisme avec beaucoup de subtilité et de pudeur.
A travers des dialogues poignants entre les survivants, le réalisateur ne se contente pas de traiter le cannibalisme comme un geste de survie mais explore les limites éthiques de cette situation ainsi que son impact sur la psychologie des survivants et leurs rapports avec les autres.
Si le cannibalisme est le sujet central du film, le réalisateur n’y a consacré que quelques scènes pour se concentrer sur les relations humaines, l’entraide et le sacrifice pour autrui.
Un sacrifice qui poussera les uns à autoriser leurs amis à les manger après leur décès, et les autres à gravir les dangers pour partir à la recherche d’aide.
Si cette histoire a inspiré des nombreux écrivains et a fait l’objet de 5 films, cet opus inspiré du livre du journaliste uruguayen Pablo Vierci dépasse les frontières de la fiction ou du drame.
Malgré certaines scènes cruelles, ce film est un film de survie, d’espoir et une invitation à une méditation sur la nature humaine et sur les choix difficiles que certaines personnes devront prendre dans les situations les plus extrêmes. Et vous qu’auriez-vous fait à la place des survivants ?
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