Economie
Le PLF 2026 dresse l’état des lieux de la Fonction publique
24/10/2025 - 13:06
Khaoula Benhaddou
Le rapport sur les ressources humaines accompagnant le Projet de Loi de Finances 2026 dresse un état des lieux détaillé de la fonction publique marocaine, marquée par une hausse des salaires, un vieillissement des effectifs et une concentration des emplois dans quelques départements clés.
Le Maroc compte actuellement 576.062 fonctionnaires civils, dont 90,1 % sont concentrés dans sept départements ministériels.
Le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, ainsi que celui de l’Enseignement supérieur regroupent à eux seuls 38,3 % de l’effectif global, soit plus de 221.000 fonctionnaires.
Ils sont suivis par le ministère de l’Intérieur (171.071 agents, soit 29,7%) et celui de la Santé et de la Protection sociale (71.694 fonctionnaires, soit 12,4%).
Près d’un quart des fonctionnaires (23,3%) ont moins de 35 ans, tandis que plus d’un sur cinq (21,5%) a dépassé 55 ans. Une pyramide des âges qui confirme le vieillissement progressif du personnel de l’État.
68.418 départs à la retraite sur cinq ans
Selon le rapport sur les ressources humaines annexé au Projet de Loi de Finances (PLF) 2026, 68.418 fonctionnaires quitteront la fonction publique d’ici 2029 , soit 13,4 % de l’effectif global de la fonction publique.
Ces départs à la retraite concerneront principalement les secteurs de l’Éducation nationale, de l’Intérieur et de la Santé, qui concentrent la majorité des effectifs de l’administration.
Dans le détail, le ministère de l’Éducation nationale sera le plus impacté, avec 26.175 départs (38,3% du total, soit 13,9% des effectifs du secteur) suivi de l’Intérieur (15.617 soit 22,%) et de la Santé (6.064). L’Enseignement supérieur enregistrera près de 4.938 retraites, contre 2.196 à la Justice et 1.975 à l’Économie et aux Finances.
Le pic des départs est attendu en 2026 et 2027, deux années où plus de 14.000 fonctionnaires atteindront la limite d’âge. Un véritable défi de renouvellement générationnel se profile, surtout dans l’enseignement et la santé, où les besoins en compétences restent élevés.
Salaires en hausse de 43 % en dix ans
Dans la dernière décennie, la fonction publique a connu une hausse de 43,6% du salaire mensuel net moyen, passé de 7.381 dirhams en 2015 à 10.600 dirhams en 2025.
Le salaire minimum a, lui, évolué de 3.000 DH à 4.500 DH sur la même période.
Les cadres supérieurs (échelle 10 et plus) perçoivent en moyenne 12.484 DH, contre 7.238 DH pour le personnel de maîtrise et 5.925 DH pour le personnel d’exécution.
Près de 71 % des fonctionnaires touchent entre 6.000 et 14.000 DH, et seulement 4,8 % dépassent les 20.000 DH.
Les femmes, encore minoritaires
Malgré les efforts entrepris, les femmes représentent 35,8 % de la fonction publique, un taux jugé encore faible. Six départements concentrent 88,6 % des fonctionnaires féminins, principalement l’éducation, la santé et la justice.
Sans surprise, les femmes sont très présentes dans les métiers à vocation sociale: 67,2 % du personnel de la Santé et 50,7 % de celui de la Justice sont féminins.
À l’Éducation nationale, à l’Enseignement supérieur et aux Finances, la part des femmes oscille entre 37 % et 41 %.
Une masse salariale en hausse maîtrisée
Les dépenses de personnel ont atteint 180,27 milliards de dirhams (MMDH) en 2025, contre 116,86 MMDH en 2015, soit une hausse de 54 % en dix ans.
Cette évolution s’explique par les revalorisations salariales décidées dans le cadre du dialogue social, la régularisation des avancements de carrière et les recrutements dans les secteurs sociaux.
Le PLF 2026 prévoit la création de 36.895 postes budgétaires, principalement dans les ministères de l’Intérieur, de la Santé et de la Défense, ainsi que 19.000 postes supplémentaires destinés aux académies régionales d’éducation et de formation.
Rationalisation et performance.
Le gouvernement entend désormais maîtriser l’évolution de la masse salariale tout en poursuivant la modernisation de la gestion publique. Le PLF 2026 met l’accent sur la digitalisation administrative, la formation continue et une meilleure allocation des ressources vers l’investissement public.
L’objectif : construire une fonction publique performante, équitable et adaptée aux nouveaux défis économiques et sociaux.
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