Société
Les Casablancais voient rouge à cause des gilets jaunes
16/05/2021 - 13:12
Malak Boukhari
Dans la capitale économique, les gardiens de voitures continuent de faire polémique. Ils exercent pour la majorité d'entre eux sans autorisation et imposent des tarifs "illégaux" aux Casablancais.
Les gardiens de voitures se font de plus en plus nombreux et envahissent tous les quartiers de la métropole. Ils travaillent pour la plupart sans autorisation et exigent aux citoyens de payer des tarifs illégaux allant de 5 à 10 dirhams pour un stationnement, parfois de quelques minutes, dans le centre de la ville.
Les Casablancais en ont marre. Sur le groupe Facebook "Boycott moul gilet ضد مول جيلي أصفر" des habitants de la capitale économique ainsi que d’autres villes du Maroc se sont mobilisés pour dénoncer les abus de ce qu’ils appellent "les mafias des parkings" et l’anarchie dont ils ne cessent de faire preuve.
"C’est de l’arnaque pure et dure. Nous sommes plus qu’outrés par les comportements de ces gardiens de voitures qui se pointent dans chaque recoin de rue pour nous demander de l’argent. Ils sont partout, à côté des boulangeries, des hammams, des mosquées. À cause d’eux, stationner ma voiture est devenu un vrai calvaire au quotidien " s’insurge un membre de ce groupe.
Ce métier souvent pratiqué "clandestinement" est, selon les membres dudit groupe, très lucratif. "Cette activité permet aux gardiens de voitures d’empocher des sommes importantes, de quoi s’acheter une maison et une voiture, si ce n’est plus", martèle un autre membre du groupe Facebook "Boycott moul gilet". Et d’ajouter "Face à l’absence d’un cadre légal qui organise cette activité, nous enjoignons les autorités locales d’interdire ces gens-là d’exercer. Il est hors de question que nous fassions les frais des attitudes démesurées et parfois violentes de ces gardiens de voitures qui commencent à représenter une réelle menace".
Une contrepartie de 75 Dhs par mois !
Joint par SNRTnews, Samira Razani, adjointe au maire de la ville de Casablanca, chargée de la fiscalité, affirme que "Les gardiens de voiture ne respectent pas ces tarifs et ont même tendance à les doubler. Ils louent à des prix élevés des terrains privés n’appartenant pas à la propriété publique et estiment qu’ils ont le droit de pratiquer les tarifs qu’ils veulent. La plupart de leurs pratiques vont à l’encontre de la réglementation".
Pour lutter contre les dépassements commis par les gardiens de voiture, "le conseil communal a quelques années de cela, installé des panneaux affichant les prix appliqués au niveau des parkings publics" ajoute-t-elle.
En ce qui concerne les tarifs de stationnement dans les endroits loués par la commune dans le reste des arrondissements, "l’arrêté fiscal fixe des tarifs précis. C’est 3 DH pour les voitures, 5 DH pour les camions et 2 DH pour les motocycles. Néanmoins, ces tarifs peuvent augmenter la nuit", précise Samira Razani.
Outre les zones de stationnements qui sont gérés par Casa Environnement et le Conseil de la ville, "les présidents des arrondissements délivrent des autorisations individuelles pour la gestion d’un espace de stationnement et qui sont réservées aux personnes à besoins spécifiques, aux veuves et dans certains cas à des jeunes au chômage", explique notre interlocutrice. Et de noter qu'en contrepartie de cela, "ces personnes sont appelées à payer à la commune une somme symbolique de 75 dirhams ou plus à titre mensuel. Cette somme peut varier d’une zone à une autre".
Les parkings publics, une solution ?
Aujourd’hui, le principal enjeu pour le Conseil de la ville, selon Samira Razani, est d’"assurer une bonne gestion des parkings et proposer un service de qualité aux citoyens ainsi que garantir des revenus à la ville de Casablanca" souligne Samira Razani. Et d’ajouter : "Il est prévu à ce que les zones de stationnement dans l’ensemble de la métropole soient gérées par Casa Environnement à l’exception de quelques ruelles où les présidents des arrondissements vont continuer à délivrer des autorisations aux catégories de personnes précitées".
Pour gérer cette question de stationnement, celle-ci fait savoir que "plusieurs parkings ont été construits et aménagés au centre de la ville, en l’occurrence des parkings souterrains avec une grande capacité d’accueil".
Pour sa part, Youssef Chakor, directeur général de Casa Environnement, rappelle que leur mission est de gérer le stationnement payant dans les parkings fermés et sur voirie. "Dans les zones que nous gérons, tous les tarifs sont affichés", précise-t-il. Et de poursuivre "nous ne cautionnons pas ce que font les gardiens de voiture puisque la majorité d’entre eux exercent dans le noir et appliquent les tarifs de manière très arbitraire".
Ces parkings publics gérés par Casa Environnement peuvent constituer une solution au problème de stationnement à la Métropole. Toutefois, les tarifs appliqués sont jugés "trop élevés" par les Casablancais. Dans les parkings souterrains, il faudra compter 5 Dh/heure, alors que le stationnement sur les parkings sur voirie coûte 2DH/heure.
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