Sport
Les entraîneurs étrangers en Botola: Quelle valeur ajoutée ?
18/08/2024 - 22:30
Saleh El Goumri | Aya Lankaoui
La prochaine saison sportive 2024-2025 verra la présence de 7 entraîneurs étrangers parmi les 16 équipes de la première division du championnat national. Certains d’entre eux connaissent bien l’atmosphère des compétitions de la Botola, tandis que d’autres la découvriront pour la première fois.
Cette saison s’annonce comme un affrontement entre 7 écoles de football étrangères au Maroc, venues d’Italie, de Pologne, du Portugal, d’Afrique du Sud, de Bosnie et de Tunisie.
Des équipes misant sur les entraîneurs étrangers
Le Raja de Casablanca, champion du Maroc, a choisi de continuer à faire confiance aux entraîneurs étrangers après que l’Allemand Josef Zinnbauer l’a mené à la victoire en championnat et en coupe la saison dernière, sans subir aucune défaite, réalisant ainsi un exploit historique.
Cette fois, le Raja a opté pour l’entraîneur bosnien Rusmir Cviko, qui découvre, pour la première fois, l’atmosphère du championnat marocain et des compétitions africaines.
Selon les responsables du club, le choix de Rusmir Cviko pour succéder à Zinnbauer a été fait après une étude approfondie de la situation financière et sportive du club. Ils estiment que cet entraîneur correspond aux objectifs et aux aspirations actuels du Raja, qui, en tant que champion du Maroc, doit relever le défi de la Ligue des champions de la CAF ainsi que de nombreux défis financiers.
À l’instar du Raja, l’AS FAR, vice-champion, a également décidé de poursuivre sa confiance dans les entraîneurs étrangers, après que le Tunisien Nasreddine Nabi l’a conduit la saison dernière à se battre au plus haut niveau en championnat et en Coupe du Trône.
Pour sa prochaine participation à la Ligue des champions de la CAF, l’AS FAR s’est tournée vers l’école polonaise en recrutant Czeslaw Michniewicz, ancien sélectionneur de la Pologne, qui découvre lui aussi pour la première fois l’atmosphère du championnat marocain et des compétitions africaines.
Le Wydad de Casablanca a, pour sa part, choisi de faire appel à l’école sud-africaine en engageant Rulani Mokwena, qui a brillé ces dernières saisons avec les Mamelodi Sundowns, les menant à remporter la première édition de la Super Ligue africaine.
Même si Rulani Mokwena connaît déjà le Wydad, l’ayant affronté plusieurs fois lorsqu’il dirigeait les Mamelodi Sundowns, il découvre pour la première fois l’atmosphère du championnat national.
Le CODM Meknès, récemment promu en première division, a opté pour l’école tunisienne en recrutant l’entraîneur Abdelhay Ben Soltane, qui connaît bien le championnat marocain, ayant entraîné le MAS lors des deux dernières saisons.
De son côté, le MAS Fès a choisi l’école italienne, réputée pour son approche défensive, en engageant Guglielmo Arena, qui connaît également le championnat marocain, ayant déjà dirigé le CODM Meknès, l’Ittihad Zemmouri de Khémisset et le Rapide Oued Zem.
La Renaissance de Berkane a décidé de garder son entraîneur tunisien Mouine Chaabani, qui s’est bien adapté à l’atmosphère du championnat marocain et qui connaît les compétitions africaines, puisque l’équipe participera à la Coupe de la Confédération.
Enfin, le Difaâ Hassani d'El Jadida, de retour en première division, a choisi de garder son entraîneur portugais Jorge Paixão, en poste depuis décembre 2023, et qui découvrira également pour la première fois l’atmosphère de la première division professionnelle.
Formation des entraîneurs
Les clubs nationaux continuent de privilégier le recrutement d’entraîneurs étrangers, alors que la Direction de la formation des entraîneurs, au sein de la direction technique nationale, en partenariat avec la Confédération africaine de football (CAF), organise des sessions de formation pour les entraîneurs marocains et les anciens joueurs. L'objectif est de développer leurs compétences et de les préparer à travailler au plus haut niveau.
Au cours des deux dernières années, de nombreux anciens joueurs et entraîneurs marocains ont obtenu le diplôme d'entraîneur "CAF Pro", qui les habilite à entraîner dans la première division du championnat national ainsi que dans divers championnats africains et asiatiques.
Lors d’une visite aux entraîneurs marocains lors d'une session de formation le 12 mai 2023, Fouzi Lekjaa, président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), a affirmé que la fédération est résolue à promouvoir le développement du football et à améliorer le niveau des cadres techniques marocains et africains, grâce aux accords de partenariat signés avec plusieurs fédérations africaines partenaires.
Afin d'offrir plus d'opportunités aux entraîneurs marocains, la FRMF a annoncé, le 25 juillet 2024, que son comité directeur a approuvé un projet soumis par l’Amicale Nationale des Entraîneurs de Football au Maroc. Ce projet permet désormais aux entraîneurs de signer avec deux équipes différentes appartenant à la même division au cours d'une même saison sportive. Ainsi, si un entraîneur se sépare d'une équipe de première division, il lui est possible de rejoindre une autre équipe de la même division.
Cette modification récente de la fédération vise à encourager les entraîneurs marocains à travailler avec les clubs nationaux, d’autant plus que le football marocain est marqué par un grand nombre de changements d'entraîneurs au cours de la saison.
Talib : Les entraîneurs, le maillon faible
Abderrahim Talib, ancien entraîneur de plusieurs clubs nationaux, estime que le recours des équipes au changement d'entraîneur et à l'embauche d'étrangers est motivé par la "pression des supporters", soulignant que "l'entraîneur étranger n'a pas de baguette magique."
Dans une déclaration à SNRTnews, M. Talib a ajouté que les entraîneurs, en général, et particulièrement les Marocains, sont "toujours le maillon faible". Il a expliqué que "l’entraîneur marocain est souvent celui qui paie le prix des mauvais résultats par son licenciement, car les supporters ne pardonnent pas et exigent des résultats positifs immédiatement. Cependant, avec les entraîneurs étrangers, c'est différent. Certains pensent que les résultats viendront automatiquement avec eux, alors qu'en réalité, l’entraîneur marocain connaît mieux les compétitions locales et est souvent plus performant."
M. Talib considère que les "grands clubs" se tournent vers les entraîneurs étrangers pour éviter la pression des supporters. Il précise : "Les supporters des grands clubs ne préfèrent généralement pas les entraîneurs locaux, sauf dans de rares exceptions." Il a également noté que certains entraîneurs marocains obtiennent de meilleurs résultats que leurs homologues étrangers, mais sont tout de même licenciés.
À noter que 9 équipes ont choisi de s'appuyer sur des entraîneurs marocains pour la prochaine saison: la Renaissance de Zemamra avec Mohamed Amine Benhachem, le Hassania d’Agadir avec Abdelhadi Sektioui, l’Ittihad de Tanger avec Hilal Tair, le Chabab Mohammedia avec Noureddine Ziyati, le Chabab Soualem avec Radouane Haimour, l’Union Touarga avec Abdelwahid Zamrat, le FUS de Rabat avec Saïd Chiba, le Moghreb de Tétouan avec Abdellatif Jrindou, et l'Olympique de Safi avec Amine El Karma.
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