Société
Les expulsions des familles marocaines d’Algérie... "Un devoir de mémoire" et "une mutualisation des efforts"
16/12/2021 - 15:37
SNRTnews
46 ans après les faits de l'expulsion des familles d'origine marocaine d'Algérie en décembre 1975, "meurtries physiquement par le froid" et "psychologiquement par la violence de l’expulsion", le Collectif international de soutien aux familles d’origine marocaine expulsées d’Algérie en 1975 se pose la question "Pourquoi?". Il appelle en outre à une mutualisation des efforts des associations pour faire de cette mobilisation une réussite afin de renforcer les droits humains.
Le Collectif international de soutien aux familles d’origine marocaine expulsées d’Algérie en 1975 (CiMEA-75) rappelle, dans un communiqué de presse parvenu à SNRTnews, l’expulsion de 45.000 familles marocaines, "arbitrairement et sans sommation", d'Algérie en décembre 1975, alors que le monde musulman fêtait l’Aid El Kebir.
"Inlassablement, 46 années après les faits, il y a lieu de les rappeler, comme un devoir de mémoire et non une stérile complainte", lit-on dans ce document intitulé "Les expulsions des familles marocaines d’Algérie, de décembre 1975 à décembre 2021, chronique d’un combat".
Le collectif raconte l'histoire de "familles meurtries physiquement par le froid, psychologiquement par la violence de l’expulsion", qui se sont retrouvées "soit chez des membres de leurs familles qui leur offrent le gite de solidarité, soit sous les tentes dressées à la hâte par les autorités marocaines, hébétées elles aussi par la surprise".
"Les expulsé.es n’ont que leurs yeux pour pleurer car pour le reste tous leurs biens mobiliers, immobiliers, sont restés à l’extérieur des frontières marocaines, là, en face, en Algérie, dans ce pays auquel ils.elles ont donné beaucoup d’amour, de solidarité lors des combats pour l’indépendance", est-il écrit.
Pourquoi?
Le CiMEA-75 saisit l'occasion pour poser une question qui "subsiste", une question "lancinante", "désespérante", "à laquelle ne répond personne", "au-delà de la détresse de reprendre une vie à zéro". Pourquoi?
"Il y a lieu de répondre à ce pourquoi et à l’examiner sous ses multiples facettes, non par soif de vengeance ou de haine mais bien pour rendre hommage à ces milliers de personnes dépossédées, au-delà des biens matériels, de leur dignité humaine", réplique le CiMEA-75, qui souligne qu'il s'agit d'un "devoir de mémoire" et d'un "désir de reconnaissance".
La réponse à cette question est, selon le collectif, "une volonté de lecture historique des parcours d’immigration, des hommes et des femmes", qui ont "constitué des associations et ont porté ce pan d’histoire aux rangs national et international, la faisant ainsi sortir des ténèbres dans lesquelles il avait été plongé".
Une "mutualisation des efforts"
Ces associations "qui se sont battues, sans compter, avec des moyens financiers et humains limités", continuent, selon le collectif, leur travail "sans férir", "avec une approche sociale et humaine qui force le respect". Ainsi et en continuité à cet élan, le CiMEA-75 indique qu'il apporte son "soutien total" à ces actions et invite à couronner cet engagement par une "mutualisation des efforts" et une "coordination avec l’ensemble des associations", sur la base d’une "charte claire et partagée". À cette fin, il invite toutes les associations et constituantes de la société civile à venir le rejoindre pour faire de cette mobilisation une réussite pour renforcer les droits humains.
Le CiMEA-75 plaide, dans son communiqué, pour la recherche de pistes de travail par la voie juridique et le plaidoyer politique afin "que le pouvoir algérien reconnaisse ce drame humain", "de faire la lumière, de manière objective, sur les faits et de les reconstituer dans leur globalité afin de réhabiliter et de préserver la mémoire des victimes directes et indirectes", "d’envisager la réparation morale et matérielle de cette injustice" et "d’ouvrir les frontières entre les deux pays concernés afin de permettre aux familles et proches de se reconstituer".
Le collectif tient aussi à saluer "la collaboration active et solidaire" qui s’est forgée entre lui et l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH) et "qui sera concrétisée publiquement et officiellement dans les jours à venir". Il indique en outre qu'il compte poursuivre ses travaux, "guidé par la vérité historique, le rassemblement des peuples dans la paix et la solidarité humaine".
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