Politique
Migration: la coopération bilatérale est "primordiale", selon les responsables espagnols
06/05/2022 - 20:43
Lina Ibriz
Le Groupe migratoire mixte permanent maroco-espagnol a tenu, ce vendredi à Rabat, la 20e réunion portant sur la migration. Cette réunion a permis aux deux parties d’évaluer leur coopération en matière migratoire et de mettre en place un cadre pour la consolider. Réactions des responsables espagnols.
La réunion tenue ce vendredi 6 mai 2022 à Rabat, la vingtième organisée par le Groupe permanent sur la migration maroco-espagnole depuis sa constitution en 2003, a servi à analyser les nouveaux défis en matière de migration après la situation exceptionnelle causée par la pandémie de Covid-19 au cours des deux dernières années. En outre, la rencontre a permis de se focaliser sur les principaux points de collaboration entre les deux pays sur ce sujet clé.
Renforcer les programmes de migration circulaire
Dans son discours, le secrétaire d'État aux migrations, Jesús J. Perea, a affirmé la nécessité de continuer à miser sur les programmes de migration régulière comme objectif stratégique pour l'Espagne et aussi pour l'Union européenne.
Mettant l’accent sur les efforts fournis par son pays dans le cadre des programmes migratoires actuels pour promouvoir des initiatives axées sur la formation dans diverses activités professionnelles et qui impliquent des entreprises espagnoles basées au Maroc, le secrétaire d'État espagnol à la Migration a indiqué que "ces programmes contribuent à renforcer les relations entre les deux pays en matière de migration régulière tout en contribuant au développement et à l'autonomisation des femmes qui y participent".
En ce sens, le secrétaire d'État à la migration continuera à soutenir la formation et l'inclusion dans ce domaine, ainsi que l'amélioration des voies d'accès pour les étudiants marocains qui souhaitent poursuivre leurs études supérieures en Espagne.
Rationalisation des procédures de visa
La question des visas a également été à l'ordre du jour de cette réunion. S'agissant des demandes marocaines d'accélération de l'octroi des visas, la secrétaire d'État aux Affaires étrangères et mondiales, Ángeles Moreno Bau a rappelé les efforts -quantitatifs et qualitatifs- déployés par les services consulaires d'Espagne au Maroc et a réitéré la volonté de les poursuivre et d'alléger plus davantage les procédures. "C'est dans l'intérêt des deux parties" de favoriser une mobilité ordonnée et régulière, a-t-elle souligné. Et d’ajouter : "l'Espagne souhaite que de plus en plus d'étudiants marocains améliorent leur formation académique dans les établissements espagnols".
La secrétaire d'État aux Affaires étrangères et mondiales, Ángeles Moreno Bau, s’est félicitée de la reprise du dialogue permanent bilatéral sur la migration. Elle a aussi rappelé que cette rencontre constituait la première application concrète de la déclaration conjointe adoptée à l'occasion de la visite du président du gouvernement espagnol au Maroc le 7 avril, "une étape que d'autres doivent suivre", selon la responsable.
La coopération opérationnelle, clé du contrôle de l'immigration
Le secrétaire d'État à la Sécurité, Rafael Pérez a souligné, quant à lui, l'engagement de l'Espagne et du Maroc à poursuivre le renforcement de la coopération bilatérale en matière de migration.
"Nous sommes des pays voisins et des partenaires stratégiques. Le travail commun a été un exemple, notamment en ce qui concerne le contrôle des flux migratoires et la lutte contre les réseaux de traite des êtres humains", a-t-il souligné dans son discours.
Pérez a mentionné les conséquences économiques de la pandémie et la fermeture des frontières associées à la crise sanitaire comme facteurs ayant influencé les flux migratoires. "Nous croyons fermement que la meilleure option pour faire face à ce défi est de miser sur la coopération bilatérale avec les pays d'origine et avec ceux qui partagent ce même défi", a-t-il ajouté.
Pour le responsable espagnol, la collaboration conjointe, notamment dans les patrouilles mixtes maritimes, terrestres et aériennes, l'échange d'informations et la collaboration policière pour démanteler les réseaux de traite des êtres humains, et la création des centres de coopération policière de Tanger et d'Algésiras a démontré son efficacité opérationnelle ces dernières années.
Ainsi, le secrétaire d'État a exprimé sa volonté de continuer à intensifier l'effort dans ce domaine "avec agilité et flexibilité".
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