Société
Mpox: quelles sont les mesures prises par le Maroc?
17/08/2024 - 12:12
Halima Aamir | Mohammed Fizazi
Le Maroc se prépare activement face à la propagation du virus du Mpox (variole du singe) en Europe. Un plan national de surveillance et de réponse a été mis à jour, permettant de détecter cinq cas jusqu'à mars 2024, tous bénins et sans transmission secondaire.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), une augmentation notable du nombre de cas de variole du singe a été enregistrée en 2023 et 2024, avec plus de 14.000 cas signalés cette année, dont 524 décès.
L'OMS a tiré la sonnette d'alarme après que les infections se sont propagées du continent africain à certains pays européens. L'Agence de santé publique de Suède a annoncé jeudi avoir enregistré un cas de la sous-variante de la souche "Clade 1B".
L'OMS craint que de nouvelles infections par cette nouvelle souche n'apparaissent en Europe, ce qui a poussé plusieurs pays à prendre des mesures préventives.
Qu'est-ce que la variole simienne?
Selon l'OMS, la variole simienne, connue sous le nom de "Mpox", est une maladie causée par le virus de la variole du singe. C'est une infection virale qui peut se transmettre entre les personnes et parfois de l'environnement aux personnes par le biais d'objets et de surfaces touchés par une personne infectée.
Dans les régions où le virus est présent chez certains animaux sauvages, il peut également être transmis des animaux infectés aux personnes en contact avec eux.
L'OMS indique que, suite à une série de consultations avec des experts mondiaux, il est préférable d'utiliser le terme "mpox" comme synonyme de variole du singe.
Quels sont les symptômes de la maladie ?
L'OMS explique que le Mpox peut provoquer une série de signes et de symptômes. Alors que certaines personnes peuvent présenter des symptômes moins graves, d'autres peuvent développer une maladie plus sévère nécessitant des soins de santé et une hospitalisation.
Elle précise que les personnes les plus susceptibles de présenter des symptômes plus graves sont les femmes enceintes, les enfants et les personnes immunodéprimées, y compris celles atteintes du VIH à un stade avancé.
Les symptômes courants de la variole du singe incluent une éruption cutanée qui peut durer de 2 à 4 semaines. L'éruption commence par de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, des douleurs dorsales, de la faiblesse et un gonflement des ganglions lymphatiques. Ensuite, l'éruption cutanée se manifeste sous forme de cloques ou de lésions, pouvant toucher le visage, les paumes des mains, la plante des pieds, les régions génitales, et parfois s'étendre à la bouche, la gorge ou les yeux.
Le nombre de lésions peut varier d'une à plusieurs milliers. Certaines personnes peuvent également souffrir d'une inflammation rectale provoquant une douleur intense, ainsi que d'une inflammation des organes génitaux entraînant des difficultés à uriner.
Comment le Maroc se prépare-t-il à cette maladie ?
La propagation d Mpox en Europe a poussé le Maroc à prendre des mesures préventives et à mettre à jour son plan national de surveillance et de réponse à cette épidémie, en fonction de l'évolution de la situation épidémiologique internationale et des connaissances sur la maladie, ainsi que des recommandations de l'OMS.
Le ministère de la Santé a annoncé jeudi dernier qu'il suit de près la situation épidémiologique de la variole du Mpox qui se propage rapidement dans plusieurs pays africains, dans le cadre du système international de surveillance épidémiologique.
Le ministère a ajouté qu'un plan national préventif a été mis en place et activé depuis juin 2022, précisant que ce plan a permis de détecter 5 cas jusqu'en mars de cette année, dont la plupart étaient importés et n'ont pas entraîné de contagion parmi les contacts. Ces cas étaient légers et se sont complètement rétablis sans complications.
Le ministère a rassuré le public sur le niveau de vigilance et de préparation au Maroc, confirmant qu'il continuera à communiquer et à informer sur toutes les évolutions.
Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Khalid Aït Taleb, a également tenu une réunion vendredi dernier avec le comité scientifique spécialisé pour examiner les développements épidémiologiques aux niveaux national et international, dans le cadre des mesures préventives et des efforts continus du Maroc pour suivre et évaluer la situation épidémiologique de l'épidémie du Mpox, conformément aux Orientations Royales.
Dans ce contexte, le comité scientifique a salué le succès du protocole de traitement actuel au Maroc, qui a permis de traiter les cas enregistrés sans complications graves.
En ce qui concerne le protocole de traitement adopté au Maroc, Mouad Mrabet, coordonateur du Centre national des opérations d'urgence sanitaire au ministère de la Santé et de la Protection sociale, a indiqué qu'il comprend la détection des cas suspects, le suivi de l'état de santé des patients, l'identification des cas contacts et leur isolement, ainsi que la surveillance de leur état de santé. De plus, la surveillance de routine aux frontières est renforcée.
Il a indiqué que le traitement vise à soigner les symptômes et l'éruption cutanée causés par l'infection. Mrabet a précisé dans une déclaration à SNRTnews que le traitement est basé sur les caractéristiques de chaque cas clinique du patient, ajoutant qu'aucun vaccin contre cette maladie n'est actuellement disponible au Maroc.
Articles en relations
Africa
Société
Société
Société