Société
Nouvelles découvertes archéologiques à Essaouira: l'histoire du peuplement humain au Maroc redessinée
13/05/2026 - 17:02
Halima Aamir
De récentes recherches archéologiques, menées par l'Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine (INSAP) relevant du Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, en partenariat avec des universités marocaines, américaines et françaises, ont révélé de nouvelles données qui redessinent l'histoire de la présence humaine dans la région de Sidi Aissa (Essaouira), et confirment sa continuité depuis le Paléolithique moyen.
Les résultats préliminaires des fouilles menées sur le site de Jorf El Hamam à Bir Kouat, aux environs d'Essaouira, révèlent la présence de couches archéologiques remontant à des périodes comprises entre 182 000 et 95 000 ans, ainsi qu'à d'autres situées entre 153 000 et 84 000 ans.
Détails préliminaires de la recherche
Le directeur de l'INSAP, Abdeljalil Bouzougar, a indiqué que ces résultats ont permis d'établir une nouvelle carte archéologique de la région, faisant apparaître une stratigraphie continue allant du plus récent au plus ancien. Ils confirment que les activités de l'homme préhistorique à Essaouira étaient étendues et non isolées, mais bien reliées à des espaces géographiques plus vastes.
Dans une déclaration à SNRTnews, M. Bouzougar a précisé que ces données constituent un apport scientifique de qualité, notamment parce qu'elles dépassent ce qui était antérieurement connu grâce au site de la grotte de Bizmoune. Il a souligné que ces nouvelles découvertes montrent que la région était un espace d'activité humaine continue et d'interaction permanente avec l'environnement.
Importance scientifique de la recherche
Concernant l'importance de cette recherche, Bouzougar a précisé que ce site est l'une des découvertes les plus importantes, contribuant à une relecture de l'histoire du peuplement humain au Maroc, d'autant que les plus anciennes preuves connues jusqu'ici remontent au site de Toma à Casablanca, daté d'environ 773.000 ans.
De son côté, Zouhour Bourkan, cadre technique au laboratoire de datation de l'Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine, a expliqué que ces résultats contribuent à approfondir la compréhension du parcours de la présence humaine au Maroc, et s'ajoutent à la carte scientifique relative à la datation du peuplement humain.
Elle a ajouté que ces données s'inscrivent dans le prolongement d'une série de datations obtenues au Maroc, en tête desquelles figure le site de Casablanca, considéré parmi les sites archéologiques les plus anciens découverts.
Elle a également souligné que ces découvertes permettent une compréhension plus large du processus de peuplement humain au Maroc et en Afrique du Nord en général, en retraçant l'évolution des activités de l'homme préhistorique à travers différentes périodes.
Elle a par ailleurs indiqué que ces résultats scientifiques ont été obtenus grâce à l'étude des dépôts calcaires, qui ont permis de déterminer les datations associées au site et d'accéder à ces données précises.
Ces recherches ont impliqué une équipe scientifique maroco-internationale composée de chercheurs du Maroc, des États-Unis et de France, sous la supervision de l'Université d'Arizona et de l'Université d'Aix-Marseille, dans le cadre d'une coopération académique visant à approfondir l'étude de l'histoire de l'homme préhistorique en Afrique du Nord.
Les opérations de datation ont été réalisées au Centre National de l'Énergie, des Sciences et des Techniques Nucléaires par une équipe de recherche spécialisée, dans le cadre d'un programme scientifique dont les résultats sont encore en cours d'examen et de publication académique. Les fouilles se poursuivent afin de mettre au jour davantage de vestiges archéologiques et de restes osseux d'animaux disparus.
Il est prévu que des détails supplémentaires soient révélés à l'issue des analyses et de la publication des résultats définitifs de l'étude scientifique.
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