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Violences policières: la volonté de Macron de brider les réseaux sociaux suscite l'indignation (Journal belge)
10/07/2023 - 16:12
MAP
La volonté exprimée par le Président français, Emmanuel Macron, de couper les réseaux sociaux en cas de nouvelles émeutes liées aux violences policières a suscité une vague d’indignation auprès de l’opinion publique, qui craint une nouvelle atteinte à la démocratie, rapporte lundi le quotidien belge "La Libre Belgique".
“Après les émeutes, les réseaux sociaux dans le viseur du gouvernement français”, titre le journal, relevant que l’idée de bloquer l'accès aux réseaux sociaux, évoquée par le président français, a provoqué une avalanche de réactions et fait monter les oppositions au créneau.
Cette levée de boucliers a obligé le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, à modérer le lendemain les propos de Macron, évoquant plutôt "des suspensions de fonctionnalités" telles que la "géolocalisation", souligne le grand tirage.
“Censure, désinformation de la population, tous les stratagèmes sont bons pour cacher le chaos”, a dénoncé à cet égard Nicolas Dupont-Aignan, ancien candidat à la présidentielle française.
Des réactions similaires ont été exprimées par d’autres personnalités politiques comme le Premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, ou encore la présidente du groupe France insoumise à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot.
Selon Audrey Adam, avocate spécialiste du droit des médias, citée par le journal, ces propositions visant à limiter l’utilisation des réseaux sociaux constitueraient “un dangereux précédent sur le plan démocratique”. “Même si cette colère s’exprime de manière débordante, elle a un fond de légitimité”, note l’experte.
"Le blocage, même temporaire, d’un réseau social n’est pas explicitement prévu par le droit français actuel", explique l’avocate, ajoutant qu’une telle mesure entrerait en contradiction flagrante avec le droit à la liberté d’expression, garanti par la Constitution française et protégé par la Convention européenne des droits de l’homme.
“Les réseaux sociaux ne sont pas à l’origine des émeutes. (Ils) n’ont pas créé ce qu’il s’est passé en France. Les accuser d’être responsables des violences est une façon d’éviter le débat, de dépolitiser les émeutes", estime de son côté Xavier Degraux, consultant et formateur en réseaux sociaux, cité également par “La Libre Belgique”.
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