Société
AMO: 8,5 millions de citoyens toujours non couverts, selon le CESE
20/11/2024 - 11:35
Youness Oubaali | Mohammed FizaziUn rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) a révélé que 8,5 millions de citoyens marocains ne bénéficient toujours pas de la couverture sanitaire, malgré des avancées significatives dans la généralisation de l’assurance maladie obligatoire (AMO).
Lors de la présentation du rapport, ce mercredi 20 novembre 2024, le président du CESE, Ahmed Réda Chami, a indiqué qu'environ 86,5 % de la population est désormais inscrite au système d’assurance maladie, contre moins de 60 % en 2020. Ces progrès, ajoute-t-il, sont attribués aux réformes juridiques et aux infrastructures techniques mises en place pour garantir le droit universel à la couverture sanitaire.
Pour répondre aux besoins des différents profils de citoyens, plusieurs régimes d’assurance ont été instaurés. Le système AMO-Solidarité, par exemple, est destiné aux citoyens incapables de payer les cotisations. Il leur permet de bénéficier du remboursement des médicaments, des consultations médicales privées et de la prise en charge des frais d’hospitalisation dans les cliniques privées, en plus de la gratuité des soins dans les hôpitaux publics. Par ailleurs, le régime AMO-Travailleurs non salariés cible les professionnels et travailleurs indépendants, tandis que l’AMO-Universelle couvre les personnes non concernées par les autres régimes.
Malgré ces progrès, plusieurs défis subsistent. Parmi les 8,5 millions de citoyens non couverts, 5 millions ne sont pas inscrits aux systèmes d’assurance, et 3,5 millions, bien qu’inscrits, ne peuvent pas exercer leurs droits à la couverture. Le CESE note également que les assurés supportent encore 50 % des dépenses directes de santé, un chiffre bien au-dessus des 25 % recommandés par l’Organisation mondiale de la santé. Cette situation pousse de nombreuses personnes à renoncer à des soins médicaux essentiels pour des raisons financières.
En outre, le rapport met en évidence les fragilités financières des différents régimes. Si les systèmes liés aux salariés du secteur privé et à l’AMO-Solidarité ont affiché un équilibre financier en 2023, d’autres régimes, comme celui des travailleurs non salariés, continuent de souffrir de déficits techniques importants. Ce dernier enregistre un déficit de 72 %, contre 21 % pour le régime couvrant les salariés du secteur public.
Le CESE souligne également que la majorité des dépenses de l’assurance maladie se concentre sur les établissements privés, en raison de la faible attractivité du secteur public. Les coûts des soins dans les cliniques privées sont parfois cinq fois plus élevés que ceux du secteur public, ce qui compromet la durabilité financière de l’ensemble du système.
Face à ces défis, le CESE appelle à des réformes structurelles pour assurer un accès équitable aux soins et renforcer la viabilité économique de la couverture sanitaire au Maroc Notamment l'adoption d'un AMO unifié, qui pourrait être complété par un système privé, et rendre l'inscription à l'AMO obligatoire pour tous.
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