Art & Culture
"Black Devil": le Maroc, décor stratégique de la nouvelle fresque historique de Dimitri Rassam
16/01/2026 - 14:03
Khaoula Benhaddou
Le Maroc confirme, une fois de plus, son statut de terre d’accueil privilégiée du cinéma international. À partir de février, le Royaume abritera une partie du tournage de "Black Devil", ambitieuse fresque historique réalisée par Ladj Ly et produite par Dimitri Rassam, avec un casting de premier plan réunissant Omar Sy, Vincent Cassel, François Civil et Théo Christine. Un projet d’envergure qui renforce l’attractivité du Maroc auprès des grands studios et des cinéastes de renom.
Doté d’un budget estimé à 43 millions d’euros, Black Devil s’inspire librement de la vie de Thomas Alexandre Dumas, figure historique majeure et premier général noir de l’armée française. Né esclave dans les Caraïbes en 1762, il incarne un destin hors du commun, marqué par l’ascension sociale, le courage et la résistance face à l’oubli historique. Attendu en salles en 2027, le film ambitionne de réhabiliter ce personnage longtemps relégué aux marges du récit national.
Le rôle principal sera interprété par Théo Christine, révélé dans Suprêmes, tandis qu’Omar Sy, Vincent Cassel et François Civil complètent un casting prestigieux. Présenté comme l’un des projets français les plus ambitieux en cours, Black Devil s’inscrit dans la continuité du regain d’intérêt pour l’œuvre et l’héritage d’Alexandre Dumas, après les succès récents des Trois Mousquetaires et du Comte de Monte-Cristo, tous produits par Pathé et Dimitri Rassam.
Selon Variety, le tournage s’étalera de février à juin, principalement en France et au Maroc. Le choix du Royaume n’est pas anodin. Grâce à la diversité de ses paysages, à ses sites naturels spectaculaires et à des infrastructures techniques éprouvées, le Maroc offre des décors capables de recréer des environnements historiques riches et variés, tout en assurant une logistique fluide aux productions de grande ampleur.
Au-delà de l’aspect artistique, ce tournage représente également un levier économique significatif. L’accueil de Black Devil mobilisera des équipes locales, des techniciens, des figurants et de nombreux prestataires, générant des retombées directes pour l’économie régionale. Une dynamique qui illustre la capacité du Maroc à conjuguer savoir-faire cinématographique et compétitivité, consolidant son image de hub régional et international du septième art.
Ce projet s’inscrit par ailleurs dans un contexte plus large: la montée en puissance de Yapluka, la nouvelle structure européenne de financement et de distribution lancée par Dimitri Rassam avec le soutien de Pathé, de Rodolphe Saadé et de M6. Après le succès retentissant du Comte de Monte-Cristo, le producteur défend, selon ses propos à Variety, un cinéma "généreux envers le public", porté par des auteurs forts et privilégiant les tournages en décors naturels.
Produit sous la bannière Chapter 2, Black Devil incarne pleinement cette vision d’un cinéma ambitieux, populaire et exigeant.
Toujours selon la même source, les préventes déjà conclues avec M6, Disney et Netflix témoignent de son fort potentiel commercial avant même sa sortie, tandis que Pathé et Goodfellas assureront les ventes internationales.
Pour le Maroc, l’accueil de Black Devil s’ajoute à une longue liste de tournages internationaux ayant choisi le Royaume comme décor de référence. Une reconnaissance durable qui confirme que bien au-delà d’un simple plateau de tournage, le Maroc s’impose comme un partenaire stratégique de la création cinématographique mondiale, capable d’accompagner des œuvres appelées à marquer durablement les écrans.
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