Economie
Blé: le Maroc dispose d'un stock suffisant pour six mois
23/08/2022 - 21:57
Mohamed Berrada | Mustapha Azougah
Le déclenchement de la guerre en Ukraine a eu un impact considérable sur le marché du blé à l'international et sur les stocks de plusieurs pays, notamment ceux touchés par la sécheresse. Qu'en est-il du Maroc? le point sur la situation.
Le stock de blé tendre dont dispose le Maroc lui permettra de couvrir six mois de consommation nationale. C'est ce qu’a confirmé Moulay Abdelkader El Alaoui, président de la Fédération nationale de la minoterie, dans une déclaration à SNRTnews.
Il a également souligné que le stock de blé tendre a atteint 21 millions de quintaux jusqu'à aujourd'hui, et qu’il est composé principalement de blé importé, compte tenu d'une forte baisse de la production nationale, estimée à 34 millions de quintaux, contre 103 millions l’année dernière, selon les chiffres du ministère de l’Agriculture.
Dans le détail, notre interlocuteur explique que le prix du blé sur le marché international est en baisse : le prix du blé tendre étant passé de 480 dirhams le quintal à 380 dirhams le quintal, et le prix du blé dur d'environ 700 dirhams à 600 dirhams.
Dans son dernier rapport, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a déclaré que les prix mondiaux du blé avaient chuté de 14,5% en juillet, en partie grâce à l'accord conclu entre l'Ukraine et la Russie sous l’égide des Nations Unies et de la Turquie, pour la reprise des exportations de céréales d'Ukraine. Le rapport note également que l’accord coïncide avec la saison des cultures actuelle, ce qui se répercutera positivement sur les prix. Cependant, les prix internationaux du blé restent toujours supérieurs de 24,8% à leur valeur en juillet 2021.
Moulay Abdelkader El Alaoui a par ailleurs souligné que les importations de blé tendre au Maroc au cours de cette période proviennent de pays comme la France, la Pologne et la Hongrie, tandis que le blé dur provient du Canada.
Selon les données de l'Office des changes, la facture des importations de blé au premier semestre de cette année s'est élevée à 13,36 milliards de dirhams, contre 8,61 milliards de dirhams à la même période l'an dernier. Il ressort clairement du rapport mensuel de l'office que ce bond n’est pas accompagné d'une augmentation du niveau des quantités importées, qui sont à peine passées de 30 millions de quintaux à 31,5 millions.
La FAO avait confirmé dans un rapport en juin dernier que le Maroc aurait besoin d'importer 62 millions de quintaux de blé pour compenser la baisse significative attendue du niveau de la production nationale.
Articles en relations
Politique
Politique
Economie
Economie