Economie
Compte-rendu de la 16e réunion du Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques
23/12/2022 - 21:45
Mohamed Berrada
Le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques, composé des représentants de Bank Al-Maghrib, de l’Autorité marocaine du marché des capitaux, de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale et de la Direction du Trésor et des finances extérieures, a tenu, jeudi 22 décembre, sa seizième séance au siège de Bank Al-Maghrib.
Le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques informe dans un communiqué, avoir tenu sa seizième séance au siège de Bank Al-Maghrib jeudi 22 décembre. Le Comité est composé des représentants de Bank Al-Maghrib, de l’Autorité marocaine du marché des capitaux, de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale et de la direction du Trésor et des finances extérieures.
Résilience du secteur financier marocain
Le Comité a fait le point, selon un communiqué, sur l’état d’avancement de la feuille de route inter-autorités de stabilité financière couvrant la période 2022-2024 et examiné le projet de circulaire conjointe des autorités de supervision du secteur financier relative aux conglomérats financiers. Il a également analysé la cartographie des risques systémiques pesant sur le système financier national, dans un contexte encore entouré de fortes incertitudes. A ce titre, il a passé en revue les conclusions des réunions mensuelles de ses représentants tenues depuis l’avènement de la crise sanitaire ainsi que l'évolution des indicateurs de suivi. Ces derniers continuent de montrer une solidité et une résilience du secteur financier marocain.
Voici les principales conclusions tirées suite à la réunion:
-Les vulnérabilités découlant de l’environnement externe et interne (répercussions de la guerre en Ukraine, sécheresse, séquelles de la pandémie, pressions inflationnistes…) appellent à la vigilance et continuent de faire l’objet d’une surveillance rapprochée;
-Selon les projections de Bank Al-Maghrib, la croissance de l’économie nationale devrait ralentir à 1,1% en 2022 avant de s’accélérer à 3% en 2023 et à 3,2% en 2024. Quant à l’inflation et après une forte accélération en 2022 à 6,6%, elle s’atténuerait tout en restant à un niveau élevé aux alentours de 4% en moyenne en 2023 et 2024;
-Le déficit du compte courant devrait s’atténuer pour avoisiner 2% au cours des deux prochaines années, tandis que les avoirs officiels de réserve se situeraient à 362,9 milliards en 2023 puis à 371 milliards en 2024, soit l’équivalent de près de 6 mois d’importations de biens et services;
-S’agissant des finances publiques, le déficit budgétaire s’allégerait graduellement passant de 5,3% du PIB en 2022 à 4,6% en 2023 et 4% en 2024. La dette du Trésor, quant à elle, s’atténuerait à 67,7% du PIB en 2023 et à 66,1% en 2024.
-Le crédit bancaire destiné au secteur non financier devrait s’accélérer à 5,1% en 2022 tiré principalement par les facilités de trésorerie accordées aux entreprises privées. Il devrait revenir à 3,3% en 2023 avant de se redresser à 5,5% en 2024;
-Le secteur des assurances a continué à afficher des fondamentaux solides et à démontrer sa résilience malgré la conjoncture internationale difficile marquée par de fortes incertitudes.
-Retraite: les principaux régimes de base connaissent une situation financière difficile marquée globalement par l’importance de leurs dettes implicites et par l’épuisement de leurs réserves à divers horizons.
Le Comité a, par ailleurs, fait le point sur les travaux préparatoires de la visite sur place des évaluateurs du GAFI, sous la coordination de l’Autorité nationale du renseignement financier. Il recommande de maintenir les efforts de toutes les parties prenantes pour la réussite de cette visite.
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