Société
En entretien avec SNRTnews et la Radio Nationale... Adil Zniber révèle des mutations dans le recrutement des ressources humaines de la santé
02/07/2026 - 09:06
Youness Oubaali | Rafiq BouhmouchL’amendement du système des ressources humaines constitue l’un des piliers fondamentaux de la refonte globale du secteur de la santé. C’est ce qu’a affirmé Adil Zniber, directeur des Ressources humaines au ministère de la Santé et de la Protection sociale.
Invité de l’émission "Rencontre avec la presse" sur la Radio Nationale et la plateforme SNRTnews , le responsable a souligné que les récentes mutations législatives, réglementaires et pédagogiques ont permis d'améliorer les indicateurs sectoriels, tout en reconnaissant la persistance des défis liés aux pénuries et à l'équité territoriale.
Une amélioration chiffrée de la densité médicale M. Zniber a précisé que la dynamique de réforme a été amorcée par une révision approfondie du cadre juridique, portée notamment par la loi-cadre n° 06.22. Ce texte consacre, pour la première fois explicitement, la valorisation du capital humain comme condition sine qua non au succès de la généralisation de la protection sociale et de la restructuration médicale.
Grâce à ces efforts, l’indice de densité des professionnels de santé a enregistré une nette progression, passant de 1,67 pour 1 000 habitants en 2016 à 2,20 aujourd'hui, soit une hausse d'environ 32 %. Bien que cette avancée soit notable, le Maroc doit maintenir son élan pour converger vers la norme recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), fixée à 4,45 professionnels pour 1 000 habitants d’ici 2030. Un objectif jugé réalisable au vu des réformes en cours. Néanmoins, des disparités géographiques subsistent dans la répartition des effectifs, faisant de la justice territoriale l'un des enjeux majeurs de la gestion sectorielle.
Cap sur la formation et la régionalisation via les GST Sur le plan de la formation, le ministère mise sur la mise à niveau quantitative et qualitative de l'élément humain. À cet égard, le nombre de places pédagogiques a bondi de 300 %, fruit de partenariats stratégiques avec les départements des Finances et de l’Enseignement supérieur. Cette démarche s'accompagne d'une modernisation des Instituts de formation des infirmiers et techniciens de santé (IFITS), incluant l’introduction des techniques de simulation et d'équipements de pointe pour parfaire les compétences des formateurs.
Par ailleurs, pour pallier les écueils liés à la gouvernance et à l'orientation des patients, le Royaume déploie les Groupements Sanitaires Territoriaux (GST). Cette nouvelle architecture administrative dote les responsables locaux de prérogatives élargies pour répondre aux besoins régionaux de manière autonome, sans dépendre de l'administration centrale. Les GST piloteront également la mobilité interne et interrégionale des professionnels, offrant ainsi une plus grande flexibilité managériale et optimisant les conditions de travail. M. Zeniber a rappelé que l’expérience pilote menée dans la région de Tanger a déjà permis d’identifier les contraintes de terrain et d’y apporter des solutions concrètes, présageant un impact direct sur la qualité des prestations lors de la généralisation du modèle.
Vers la sortie du tunnel d'ici 2030 Évoquant le nouveau statut fondamental des professionnels de la santé, le directeur a indiqué qu'il est le fruit d'un dialogue social et sectoriel dense. Ce statut apporte des acquis substantiels, notamment l'amélioration des indemnités, la régulation des mutations et la garantie des droits professionnels, renforçant ainsi l'attractivité du secteur public.
En conclusion, Adel Zeniber a affirmé que la situation des ressources humaines de la santé s'est considérablement améliorée par rapport aux années précédentes. Estimant que "le bout du tunnel commence à poindre", il s'est montré confiant quant à la capacité du secteur à surmonter la majeure partie des défis de gestion d'ici l'horizon 2030.
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