Politique
Ministre de la Santé : il existe des lobbys très puissants et les marchés de médicaments sont transparents
19/11/2025 - 19:40
Youness Oubaali | Khaoula Benhaddou
Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, a insisté sur le fait que les marchés et les appels d’offres dans le secteur de la santé suivent des procédures transparentes, et qu’ "il n’accepte aucun dysfonctionnement ni accusations sans preuves".
Lors de sa réponse aux interventions des députés à la réunion de la Commission des secteurs productifs à la Chambre des représentants tenue ce mercredi 19 novembre 2025, le ministre de la santé et de la protection sociale Amine Tahraoui n’a pas caché l’existence de lobbys dans le secteur. Il a affirmé qu’ils sont "très puissants et capables d’influencer et de changer les choses", appelant ainsi "à éviter les exagérations lors de la discussion publique, car les intérêts de ces lobbys pourraient se faire au détriment des citoyens".
Des preuves doivent être fournies
En réponse aux débats entre majorité et opposition sur le sujet, le ministre a déclaré que toute personne accusant l’administration de ne pas respecter la loi est tenue de fournir des preuves, et de démontrer que quelqu’un a obtenu une autorisation en dehors de la légalité. Il a souligné que des institutions de contrôle existent, et que les accusations de conflit d’intérêts portent atteinte à leur crédibilité.
Le ministre a également estimé qu’il existe "un très grand malentendu concernant les autorisations exceptionnelles", en précisant qu’elles ne signifient en aucun cas l’octroi direct d’un marché, ni l’attribution d’avantages particuliers.
Rupture de médicaments: besoin d’un observatoire de vigilance
Le ministre a indiqué qu’il est nécessaire de créer un observatoire national de vigilance et de prévention pour suivre la situation des médicaments, surtout que certaines entreprises internationales disposent de systèmes leur permettant d’anticiper les ruptures sur le marché.
Concernant le médicament KCL, dont le marché a suscité un vif débat, Tahraoui a rappelé ce qu’avait déjà indiqué le ministère dans un communiqué précédent. Il a précisé que l’entreprise locale productrice a effectué des réformes pour revoir l’autorisation qui lui avait été accordée, mais qu’elle ne répondait pas aux normes. Une autorisation exceptionnelle a donc été accordée à une autre société afin d’éviter la rupture, et désormais, la première entreprise est en train de revenir sur le marché.
Le ministre a souligné qu’il n’a aucun lien avec les autorisations exceptionnelles et qu’il a demandé au directeur général de l’Agence nationale des médicaments et produits médicaux de fournir des rapports sur la situation afin de prévenir les ruptures, ajoutant que l’objectif est de garantir la disponibilité du médicament sur le marché et son accès au Maroc.
Conflit d’intérêts et marchés du ministère
Concernant les marchés du ministère, Tahraoui a précisé que la plateforme des marchés publics contient tous les détails et chiffres, et qu’"il n’y a rien à cacher".
Il a insisté sur l’absence de tout conflit d’intérêts, affirmant que les chiffres relatifs aux entreprises sont disponibles sur la plateforme officielle. Il a indiqué que les besoins des hôpitaux publics ont tous été couverts via des marchés publics attribués à l’entreprise locale concernée, sans recourir aux autorisations exceptionnelles. Lorsque la première entreprise reviendra sur le marché, deux entreprises locales seront présentes, garantissant ainsi la souveraineté sur ce médicament.
Selon le ministre, il a été attaqué concernant plusieurs marchés, notamment celui de la numérisation. Il a déclaré qu’il avait été faussement affirmé qu’il voulait l’attribuer à une entreprise américaine. Ces attaques étaient sans preuves, et d’autres marchés (alimentation, accueil) feront également l’objet d’attaques.
Rapports des commissions d’enquête
Le ministre s’est arrêté sur les décisions des commissions d’enquête, qui ont formulé des recommandations concernant la création d’une agence des médicaments, des systèmes d’information, ainsi que la révision des prix des médicaments et des autorisations. Il a précisé que ces projets sont "complexes" mais que le ministère progresse dans leur mise en œuvre.
Concernant le dossier des prix des médicaments, il a expliqué qu’il aurait pu éviter d’ouvrir le débat à son arrivée à la tête du secteur, car le sujet est complexe, mais il l’a entamé avec tous les acteurs : importateurs, producteurs et pharmaciens. Il a ajouté que le projet de décret relatif aux médicaments est actuellement examiné par le Conseil de la concurrence, et que le ministère a également élaboré un nouveau projet de décret concernant la procédure des autorisations.
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