Politique
Elections: Laftit dévoile les critères de soutien aux jeunes candidats et affirme qu'il n’y aura pas de rente
12/11/2025 - 20:02
Youness Oubaali | Khaoula Benhaddou
Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a affirmé que la mise en place d’un cadre favorable pour renforcer la représentation des femmes et des jeunes au sein de l’institution législative constitue "l’un des grands enjeux que le système électoral proposé vise à atteindre", insistant sur le fait que ce soutien « ne saurait, en aucun cas, prendre la forme d’une rente gratuite".
Lors de la présentation, ce mercredi 12 novembre 2025 à la Chambre des représentants, des projets de loi relatifs à la réforme du système électoral, de la Chambre des représentants et des listes électorales, le ministre a expliqué que le projet de loi n°27.11 relatif à la Chambre des représentants accorde une attention particulière à la représentation des jeunes dans cette institution.
Ce dispositif s’inscrit dans une vision globale visant les jeunes, hommes et femmes de moins de 35 ans, qu’ils soient affiliés ou non à des partis politiques, afin de favoriser leur intégration dans la vie politique et électorale nationale.
Révision de certaines conditions
Devant la Commission de l’Intérieur, des Collectivités territoriales, de l’Habitat, de la Politique de la ville et des Affaires administratives, Laftit a souligné que le projet prend en compte la difficulté liée aux moyens financiers, souvent un obstacle majeur à l’implication des jeunes dans le processus électoral et à leur candidature à la Chambre des représentants.
Pour remédier à cette situation, le projet prévoit des incitations financières importantes pour les jeunes candidats. Les listes de candidatures locales présentées par des candidats de moins de 35 ans, qu’ils soient partisans ou indépendants, et composées de candidats des deux sexes en alternance, pourront bénéficier d’un soutien financier public destiné à couvrir les dépenses de leur campagne électorale.
Concernant les circonscriptions régionales, le projet accorde le même droit à condition que les listes concernées soient exclusivement composées de candidates âgées de moins de 35 ans, sans distinction entre les listes soutenues par des partis et celles présentées par des candidates indépendantes.
Afin d’encourager les jeunes sans affiliation politique à participer à la vie publique, le texte propose également de simplifier les conditions de candidature pour cette catégorie, en supprimant l’obligation de recueillir les signatures d’élus et en la remplaçant par celles d’électeurs inscrits.
Le même document fixe le quota minimal de signatures féminines exigées pour chaque liste à 30% pour les circonscriptions locales et 50% pour les circonscriptions régionales, avec un minimum de 200 signatures par siège à pourvoir.
Le ministre a précisé que toute liste indépendante devra déposer son rapport de campagne auprès de la Cour des comptes, et que le versement de la subvention publique ne se fera qu’après vérification, puisqu’il s’agit de fonds publics. Cette contribution sera déduite du montant global du financement public des campagnes électorales accordé aux partis participant aux élections législatives.
Il a ajouté que le gouvernement reste ouvert à toute proposition susceptible d’améliorer l’efficacité du mécanisme de soutien à la candidature des jeunes, qu’ils soient partisans ou non, afin de garantir les conditions nécessaires à l’atteinte de ses nobles objectifs.
Enfin, le ministre a indiqué que le système électoral proposé comprend également des mesures supplémentaires en faveur de la représentation des jeunes de moins de 35 ans, des personnes en situation de handicap et des Marocains résidant à l’étranger, à travers des incitations financières intégrées au financement public annuel des partis politiques présentant des candidats issus de ces catégories à des positions éligibles.
Laftit : "Il n’y aura pas de rente"
Durant son intervention, Abdelouafi Laftit a précisé que "Pour lever toute ambiguïté, la contribution financière accordée aux listes de jeunes de moins de 35 ans pour financer leurs campagnes a pour objectif d’inciter les partis politiques à recruter, accueillir et intégrer les jeunes dans les institutions représentatives nationales, afin d’en faire une force de proposition et un relais pour porter la voix de la jeunesse au Parlement."
Il a ajouté que cette mesure sera entourée de règles strictes, qui seront détaillées au niveau réglementaire, de manière à en faire un levier de motivation basé sur le mérite et l’objectivité.
Le ministre a insisté que "ce soutien ne sera en aucun cas une forme de rente gratuite. Son but principal est d’offrir aux jeunes la possibilité d’accéder à l’institution parlementaire, car la jeunesse représente la véritable richesse de notre pays. Il s’agit de renforcer la représentativité de toutes les composantes de la société et d’encourager leur participation à la vie politique et au travail législatif."
Il a ajouté que cette contribution sera ouverte sans distinction entre jeunes indépendants et jeunes affiliés à des partis politiques.
Le versement de cette subvention se fera sur la base des dépenses réelles effectuées par les candidats, conformément à un rapport de campagne certifié par un expert-comptable, précisant les sources de financement et les dépenses réelles de la liste, toutes opérations devant être effectuées à travers un compte bancaire dédié ouvert au nom de la liste.
Montant de la contribution de l’État et conditions de versement
Concernant le montant du soutien, le projet fixe le plafond à 75% des dépenses réelles engagées par chaque liste, qu’elle soit partisane ou indépendante, dans la limite du plafond légal de 500.000 dirhams par candidat.
Le projet de loi-cadre fixe ce principe général et renvoie à un décret d’application pour préciser les modalités de versement de cette aide publique.
Le ministre a enfin expliqué que ce décret définira avec précision les conditions de versement, puisqu’il s’agit de fonds publics, tout en respectant les exigences de transparence et de sérieux imposées par la législation, notamment la présentation d’un programme électoral imprimé, d’un bilan financier de la campagne, et de la liste certifiée des signatures requises.
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