Société
Flambée des prix du poisson au Maroc: Vers une détente après la fin du repos biologique?
16/02/2026 - 21:46
Khawla Znaizini
Le "poisson du pauvre" ne l'est plus. À l'approche du Ramadan, le prix du sardine a franchi la barre des 40 dirhams sur certains marchés.
Entre baisse des stocks, conditions climatiques et spéculation, les professionnels du secteur entrevoient toutefois une amélioration suite à la reprise de l'activité de pêche ce dimanche 15 février 2026.
Cette situation soulève de nombreuses interrogations sur l'évolution des tarifs alors que la période de repos biologique a pris fin hier, dimanche 15 février 2026, à l'approche du mois sacré.
Dans ce contexte, le président de la Fédération des chambres des pêches maritimes, Larbi Mhidi, a affirmé que les premiers indicateurs des débarquements de la flotte de pêche côtière, qui a repris son activité hier, sont positifs. Il a précisé que 90 % des captures concernent les poissons pélagiques, avec des volumes significatifs enregistrés dans plusieurs ports : plus de 200 tonnes à Larache, 100 tonnes à Agadir, environ 60 tonnes à Laâyoune et 20 tonnes à Mehdia, tandis que d'autres ports n'ont encore enregistré aucun débarquement.
M. Mhidi a expliqué, dans une déclaration à SNRTnews, que les prix de vente initiaux au port oscillent entre 110 et 125 dirhams le caisson, ce qui porte le prix au kilogramme entre 7 et 13 dirhams à la sortie du port. Selon lui, les volumes devraient augmenter dans les jours à venir grâce à l'amélioration des conditions météorologiques et aux résultats du repos biologique. En parallèle, l'initiative "Hout B'taman Maâqoul" (Poisson à prix raisonnable), lancée la semaine dernière, prévoit d'approvisionner les marchés nationaux avec environ 5000 tonnes de poissons congelés durant le Ramadan, couvrant 47 villes et plus de 1100 points de vente.
Cette édition se distingue par l'introduction inédite de la sardine et de l'anchois congelés dans l'offre nationale, avec environ 2000 tonnes de sardines prévues pour diversifier l'offre et proposer des prix adaptés aux consommateurs. M. Mhidi a toutefois attribué la cherté actuelle à la baisse des stocks halieutiques pour la deuxième année consécutive, une situation qualifiée d'exceptionnelle. Il a également pointé du doigt la multiplication des intermédiaires et les frais annexes (transport, glace, taxes de halle entre 7 et 12 %) qui gonflent le prix final avant qu'il n'atteigne le consommateur.
De son côté, Saïd El Batron, délégué régional de la Confédération marocaine des marchands de poisson à Guelmim-Oued Noun, a lié cette hausse à la raréfaction des poissons pélagiques ces dernières semaines. Il note une augmentation des prix située entre 50 et 60 % cette année, imputant une partie de la responsabilité aux spéculateurs. Dans sa déclaration à SNRTnews, il a ajouté que les arrêts administratifs et les perturbations météorologiques ont poussé de nombreux bateaux à suspendre leurs sorties pour des raisons de sécurité, réduisant ainsi les captures.
Concernant l'approvisionnement durant le Ramadan, M. El Batron estime que les prévisions sont positives mais restent dépendantes de la météo. Il prévoit une baisse des prix d'environ 20 % prochainement, avec une amélioration plus marquée en avril. Il a également souligné que la suspension de l'exportation du poisson congelé pour une durée de 12 mois, combinée aux récentes pluies, constitue un signal favorable pour une bonne saison de pêche. Pour la sardine, il estime que le prix final pour le consommateur devrait idéalement se situer entre 12 et 14 dirhams. Enfin, il a plaidé pour une réforme profonde de la chaîne de distribution afin de mieux réguler les marges bénéficiaires et limiter l'impact des intermédiaires.
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