Société
L’Oréal-UNESCO: célébration de l’excellence scientifique au féminin
10/12/2021 - 12:42
SNRTnews
Pour célébrer l’excellence scientifique au féminin et mettre en lumière d’éminentes chercheuses, parmi les plus inspirantes au monde, la Fondation L’Oréal et l’UNESCO a organisé le 7 décembre 2021 le Festival Pour les Femmes et la Science. 40 intervenants venus du monde entier ont participé à des conférences et des tables rondes.
Le Festival For Women in Science a été l’occasion de s’interroger sur deux questions centrales, auxquelles la crise du coronavirus a donné une brûlante actualité: La première porte sur le rôle que les femmes scientifiques joueront dans la définition de nouveaux agendas de recherche médicale et dans la conception de nouveaux systèmes de santé, capables de résister à des chocs majeurs, tout en donnant accès à des soins pour tous. La seconde question est relative au décodage de la révolution numérique, qui s’est accélérée durant la crise, avec d’importantes conséquences sur tous les domaines de la vie quotidienne. Dans ce contexte, comment faire en sorte que les chercheuses en sciences, ingénierie et technologie contribuent pleinement à la nouvelle sci-tech (de l’intelligence artificielle à la robotique, en passant par la science des matériaux et le stockage de l’énergie) et comment s’assurer que ces avancées soient profitables à tous, sans préjugé ni discrimination ?
Les femmes restent sous-représentées aux plus hauts niveaux dans la recherche
Si des progrès peuvent être constatés, aujourd’hui seulement 33 % des chercheurs dans le monde sont des femmes, selon le dernier rapport de l’UNESCO sur la science. Cette évolution est encore trop lente : des barrières importantes persistent et le plafond de verre reste une réalité dans la recherche. L’accès des femmes aux plus hauts niveaux de responsabilité et de reconnaissance est encore rare.
A titre d’exemple, entre 2013 et 2016, seuls 2,4 % des brevets en Europe ont été déposés par des femmes uniquement.
En 2019, les femmes ne représentaient encore que 19 % des inventeurs. Concernant l’intelligence artificielle, les femmes ne représentent que 22 % des professionnels.
Un autre exemple parlant, aucune femme parmi les lauréats des prix Nobel scientifiques 2021. Depuis la création de ces Prix en 1901, les femmes représentent moins de 4 % des Nobel scientifiques.
Pour les intervenants, cette situation est le résultat d’obstacles systémiques, de préjugés inconscients, d’autocensure mais aussi de sexisme et de discrimination à toutes les étapes de la carrière des femmes scientifiques.
Un problème pour les femmes, mais aussi pour la recherche
Pour être pertinente, la recherche doit être inclusive, elle doit mobiliser tous ses talents. Pour faire face aux défis actuels et à venir, les solutions scientifiques doivent tenir compte de la perspective de genre et être fondée sur une égalité entre les femmes et les hommes.
L’expérience a montré qu’un manque de diversité dans les équipes de recherche entraîne des freins importants à l’innovation.
Par exemple, la technologie de reconnaissance faciale a été dénoncée comme discriminatoire lorsqu’une étude menée auprès de grandes entreprises, notamment dans les secteurs de la santé et du droit, a révélé des erreurs dans les systèmes de classification liées au genre et à la couleur de peau. Les résultats ont montré que les systèmes fonctionnaient bien mieux pour les hommes que pour les femmes, et que la différence se creusait encore selon la couleur de peau, les femmes à la peau foncée étant souvent classées de façon erronée. Alors que les taux d’erreur ne dépassent pas 1 % pour les hommes à la peau claire, ils atteignent 7 % pour les femmes à la peau claire et 35 % pour les femmes à la peau foncée. De tels résultats ont considérablement ralenti les progrès et l’adoption de cette technologie.
Une recherche inclusive apporterait des opportunités considérables
On estime que la réduction des écarts entre les sexes dans l’enseignement des STEM entraînerait une augmentation du PIB par habitant de l’UE de 2,2 à 3 % d’ici à 2050.
Le secteur de l’IA se développe rapidement : entre 2015 et 2017, le nombre de travailleurs dans le monde ayant des compétences en IA a augmenté de 190 %.
Dernier exemple, mais non des moindres : les équipes de recherche mixtes sont plus susceptibles de mettre sur le marché des innovations radicales en deux ans, et un grand nombre d’entreprises dirigées par des femmes affichent des résultats trois fois supérieurs à ceux des entreprises dirigées par des hommes.
Le programme L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes dans la Science: un engagement de longue date
Convaincues que le monde a besoin de science et que la science a besoin des femmes, la Fondation L’Oréal et l’UNESCO sont engagées depuis plus de 20 ans à promouvoir les femmes scientifiques, pour les rendre plus visibles, faire connaître leur talent et inspirer des vocations parmi les jeunes générations.
Chaque année, la Fondation L’Oréal et l’UNESCO célèbrent l’excellence scientifique de cinq éminentes chercheuses, chacune issue d’une grande région du monde, et soutient plus de 250 jeunes femmes scientifiques partout dans le monde.
Depuis la création du programme Pour les Femmes et la Science en 1998, 122 lauréates et plus de 3 800 jeunes scientifiques talentueuses, doctorantes et post-doctorantes, ont été accompagnées et honorées dans plus de 110 pays et régions du monde.
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