Art & Culture
Omar El Jamali, un chef d'orchestre qui fait danser les notes musicales
13/05/2024 - 11:27
Khaoula BenhaddouLe virtuose marocain Omar El Jamali continue de briller à l’international. Après avoir décroché le 2e prix du concours international de directeur d’orchestre Antal Dorati de Budapest, le jeune chef d’orchestre a acquis une renommée internationale en atteignant les quarts de finale du Concours Nicolai Malko. Omar fait partie des 24 chefs sélectionnés parmi plus de 400 candidatures. Interview
Tout d’abord comment vous vous êtes préparé pour le grand concours Nicolai Malko?
Participer à cet événement prestigieux, qui se tient tous les trois ans depuis 1965, est le rêve de tout jeune chef d'orchestre. Certains de mes amis, mes collègues et moi postulons depuis 2015 avec peu d'espoir, tant les critères de sélection sont élevés. J’étais incrédule en voyant mon nom sur la liste des participants!
Ma préparation a commencé par un travail sur moi-même pour gérer mes émotions et élaborer un plan stratégique face à la pression du concours, marquée par la présence constante des caméras et l'attente du public et des jurés.
J'ai consulté deux personnes essentielles : mon mentor et ami, le chef Kenneth Kiesler, de l’Université du Michigan, qui a guidé de nombreux chefs d'orchestre vers le succès, et David Bitton de DB&A, un coach reconnu dans les grandes entreprises, qui m'a aidé à transformer un processus potentiellement stressant en une aventure remplie de joie et de sérénité.
Au début, chaque page des partitions à préparer était une lourde responsabilité, sachant que les yeux du monde de la musique classique seraient rivés sur les candidats. J'avais peur de faire des erreurs ou d'adopter une approche trop atypique.
J'avais deux mois et demi pour maîtriser chaque note de six heures de musique parmi les plus difficiles et délicates du grand répertoire.
Quelle est la particularité de ce concours ?
Le concours Malko est considéré comme l'un des événements les plus prestigieux pour les jeunes chefs d'orchestre, non seulement en raison de son histoire riche, mais aussi grâce à la qualité exceptionnelle de ses participants et de son jury. Ce dernier est composé des figures les plus respectées du monde musical, garantissant une évaluation des plus rigoureuses.
Se produire devant l'Orchestre National Danois dans une salle acoustiquement parfaite est un honneur inouï. L'ambiance est électrique, avec un public passionné et une couverture médiatique qui capture chaque instant.
Vous avez atteint les quarts de finale du concours Nicolai Malko. Que représente cela pour vous ?
La simple admission au concours Malko est, en soi, une réalisation majeure dont je serai toujours fier. Le processus de sélection, exigeant et minutieux, s'étend sur cinq mois pour ne sélectionner que 24 candidats parmi des centaines pour les performances en direct d'avril.
Cette sélection est une formidable reconnaissance, surtout pour quelqu'un comme moi, qui a été accueilli dans le monde de la musique classique assez tardivement, bien loin de mes premiers amours : les guitares électriques et les batteries.
J’ai pu me surpasser et, à mon humble avis, vraiment produire de belles performances sur le podium face à l'orchestre. Être éliminé en quarts de finale a été à la fois frustrant et décevant, car je sentais que j'avais encore beaucoup à offrir. Parfois, une petite erreur ou un moment d'incertitude peut mettre fin à l'aventure.
Quelle est l’étape suivante ?
Ma participation au concours Malko m'a ouvert des portes exceptionnelles, notamment d'être invité comme chef assistant à l'Orchestre National de France, une opportunité incroyable qui témoigne de la confiance que Cristian Măcelaru, une figure éminente de la musique classique, porte en mes capacités.
En plus de cette collaboration prestigieuse, je le rejoindrai cet été au Festival de Musique Contemporaine de Cabrillo à Santa Cruz en tant que chef d'orchestre.
Parallèlement, je poursuis mon rôle de directeur général de l'ADONS, une académie que j'ai cofondé avec le professeur Adrian McDonnell, destinée à former les jeunes chefs d'orchestre.
Pour quand une représentation au Maroc ?
Depuis tout petit, j’ai toujours aimé le public marocain dont j’ai moi-même fait partie. Le premier concert auquel j’ai assisté était un concert de Hoba Hoba Spirit. L’un de mes rêves d’adolescent était de pouvoir un jour jouer au Boulevard des Jeunes Musiciens !
La diversité et la richesse de la culture musicale marocaine m'ont permis, ainsi qu'à notre public, d'apprécier la beauté de tous les genres musicaux.
La perspective de diriger un orchestre devant un public marocain, là où tout a commencé pour moi, là où mes rêves de musique ont pris naissance, serait un accomplissement très émouvant.
J'attends avec impatience le jour où je pourrai partager ma musique avec le public de mon pays. Je suis prêt et enthousiaste à l'idée de saisir cette chance dès qu'elle se présentera.
Articles en relations
Art & Culture
Monde
Art & Culture
Art & Culture