Economie
Utilisation des pesticides dans la culture de la pastèque: Précisions de l'ONSSA
10/07/2025 - 20:28
SNRTnews
Dans un contexte de vigilance croissante autour des produits agricoles, le Maroc se distingue par un encadrement rigoureux de l’utilisation des pesticides dans la culture de la pastèque.
À travers son Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA), le Royaume a mis en place un arsenal réglementaire et technique aligné sur les standards internationaux.
Un système d’homologation exigeant
Selon des données de l’ONSSA parvenues à SNRTnews, avant toute commercialisation, chaque pesticide destiné à la culture de la pastèque est soumis à une évaluation scientifique complète. Cette évaluation repose sur des données toxicologiques, écotoxicologiques, analytiques, physicochimiques et biologiques, avec pour objectif de garantir l'efficacité du produit tout en protégeant la santé des consommateurs. Seules les entreprises agréées par l’ONSSA peuvent déposer une demande d’homologation.
Les décisions d’autorisation précisent les doses admissibles, les délais avant récolte ainsi que le nombre de traitements autorisés, afin de respecter les Limites Maximales de Résidus (LMR).
Les analyses sont effectuées, selon la même source, dans un réseau de laboratoires, quatre relevant de l’ONSSA et cinq privés agréés, tous accrédités NM ISO/CEI 17025 et équipés de technologies de pointe comme le LC-MS/MS, le HPLC ou encore le GC-MS.
Un suivi dynamique post-homologation
Le dispositif ne s’arrête pas à l’homologation. L’ONSSA souligne qu'il assure une veille permanente, nationale et internationale, pour identifier les substances actives susceptibles de présenter des risques. Depuis 2018, cette démarche proactive a conduit au retrait de 63 substances actives et à la suppression de 411 produits commerciaux, ainsi qu’à des restrictions sur 13 autres substances.
Contrôle des distributeurs et sanctions
L’ONSSA effectue également des contrôles annuels auprès des distributeurs agréés de pesticides. Toute infraction constatée donne lieu à des sanctions allant de la verbalisation au retrait d’autorisation, en passant par l’exclusion du réseau officiel de distribution.
Surveillance rigoureuse des résidus
La pastèque fait l’objet d’un plan national de contrôle des résidus de pesticides. Des prélèvements sont réalisés sur l’ensemble de la chaîne champs, marchés de gros, stations de conditionnement, et analysés en laboratoires accrédités. En cas de non-conformité, les mesures sont sans appel : retrait et destruction des lots, avertissements, sanctions contre les producteurs, et retrait des circuits commerciaux, selon les mêmes données.
Depuis le début de l’année 2025, 106 procès-verbaux ont été dressés et plus de 3300 kg de fruits et légumes ont été détruits. Le dispositif ne cesse de se renforcer: de 710 échantillons analysés en 2018, l’ONSSA est passée à plus de 5700 en 2024, avec un objectif de 6 000 en 2025.
À l’import comme à l’export: même rigueur
Tous les produits agricoles importés sont systématiquement contrôlés. Depuis janvier 2025, 414 tonnes de produits non conformes ont été refoulées à la frontière.
À l’export, la pastèque marocaine affiche une performance sanitaire remarquable, selon l'ONSSA, qui assure qu'aucune notification n’a été émise à son sujet depuis début 2025. Sur les 503 alertes du système européen RASFF concernant les fruits et légumes, seules six concernaient le Maroc, soit moins de 1% du total.
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