Politique
Après le soutien direct aux familles pauvres... Quid de la classe moyenne?
26/10/2023 - 12:12
Aya Lankaoui | Youness Oubaali
Après avoir présenté le soutien direct visant 60% des familles pauvres et vulnérables exclues des systèmes de sécurité sociale à partir de décembre 2023, le gouvernement a également affirmé son engagement à protéger la classe moyenne.
Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch a déclaré, lundi 23 octobre devant les députés, que le gouvernement "parie sur la réforme progressive" pour mettre en place des mesures et des programmes visant à accompagner la classe moyenne.
Revendications syndicales
Youssef Allakouch, membre de la commission du dialogue central à l'Union générale des travailleurs du Maroc, estime que la classe moyenne "repose sur la force de travail plutôt que sur un autre revenu pour l'ascension sociale, et elle supporte seule les coûts économiques et sociaux. Cela concerne non seulement les employés, mais aussi les professions libérales telles que les médecins, les avocats, les notaires et bien d'autres qui ont récemment subi une augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA)".
Et de poursuivre, dans sa déclaration à SNRTnews, que le gouvernement devrait prendre des mesures pour protéger le pouvoir d'achat de cette classe moyenne, en particulier en ce qui concerne la fiscalité, car elle contribue à créer un équilibre social et à supporter les charges familiales. Il a ajouté, "tout comme nous pensons à la classe pauvre, nous devrions également penser à la classe moyenne pour éviter qu'elle ne tombe au niveau de la pauvreté".
Il a insisté sur le fait que "le gouvernement doit consolider le dernier accord social, qui comprend des demandes de réduction de l'impôt sur le revenu touchant la classe moyenne. Cet accord garantit la protection du pouvoir d'achat et crée des exemptions diverses en faveur des utilisateurs, des employés et du grand public".
Lire aussi : Soutien social direct: Aziz Akhannouch livre les détails
De son côté, Mohamed Haitoum, membre du Secrétariat général national de l'Union Marocaine du Travail, a rappelé les revendications liées à la nécessité d'une augmentation générale des salaires et d'une réduction de l'impôt sur le revenu.
Haitoum, dans une déclaration à SNRTnews, a souligné que l'amélioration du revenu est la clé, et pas seulement l'augmentation du salaire minimum, car cela ne concerne qu'un grand nombre de catégories.
Il a ajouté que l’augmentation des salaires va compenser la hausse de l'inflation et des prix, précisant que la classe moyenne est le moteur du développement social et a beaucoup souffert ces dernières années.
Quant à Bouchta Boukhalfa, vice-secrétaire général de la Confédération Démocratique du Travail, il a estimé que la classe moyenne "a perdu de sa valeur" et qu'il est donc nécessaire de "rétablir un équilibre entre les prix et les salaires".
Il a souligné dans sa déclaration à SNRTnews que la classe moyenne est "la dynamo et l'artère de l'économie, et si elle souffre, les conséquences seront graves".
Pour rappel, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a discuté lundi dernier à Rabat avec les représentants des centrales syndicales les plus représentatives des mesures liées à la mise en œuvre du soutien direct, approuvé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Au cours de cette réunion avec les représentants de l'Union Marocaine du Travail, de l'Union Générale des Travailleurs du Maroc, et de la Confédération Démocratique du Travail, différentes mesures et actions à prendre pour une mise en œuvre optimale du soutien direct ont été discutées. Il est à noter que ce dernier entrera en vigueur à la fin de cette année.
Articles en relations
Politique
Politique
Société
Economie