Société
Boissons énergisantes: Un cocktail à risque pour les adolescents
09/04/2026 - 20:04
Khaoula Benhaddou
Face à la consommation croissante des boissons énergisantes chez les jeunes, l’Observatoire marocain de protection du consommateur tire la sonnette d’alarme. L’institution met en garde contre les dangers sanitaires que représentent ces produits, en particulier pour les adolescents, considérés comme une catégorie vulnérable.
Dans un communiqué partagé par l’observatoire, cette mise en garde repose sur plusieurs études médicales et rapports internationaux qui pointent une hausse des risques liés à la consommation régulière ou excessive de boissons énergisantes. Ces recherches démontrent que leurs composants peuvent affecter à la fois la santé physique et mentale des jeunes, notamment en perturbant le système cardiaque, le système nerveux, ainsi que les capacités de concentration et le sommeil
Contacté par SNRTnews, le président de l’Observatoire précise Hassan Ait Ali, a précisé ces boissons nocives pour la santé sont très consommées par les jeunes.
Un phénomène amplifié par des facteurs sociaux et marketing
Interrogé sur les raisons de l’attrait croissant des adolescents pour ces boissons, Hassan Ait Ali met en avant une combinaison de facteurs. "Les stratégies publicitaires jouent un rôle majeur. Ces boissons sont associées à l’énergie, à la performance, au sport extrême et à une image “cool” qui séduit particulièrement les jeunes en quête d’identité et d’affirmation de soi. . Ensuite, l’influence des pairs est déterminante : consommer ces produits devient parfois un marqueur d’intégration sociale ou de tendance.", explique-t-il. Et d'ajouter: 'les adolescents sont naturellement attirés par les expériences nouvelles et les sensations fortes. La présence de caféine et de sucre, qui procure un effet stimulant rapide, renforce cette attirance."
Le président de l’Observatoire insiste aussi sur une perception biaisée des risques: "Les avertissements sanitaires sont souvent ignorés ou jugés exagérés". L’accessibilité de ces boissons et l’absence de régulation stricte dans certains contextes contribuent, selon lui, à banaliser leur consommation.
Des ingrédients aux effets préoccupants
Parmi les substances incriminées, la caféine figure en tête de liste. Présente en forte concentration, elle peut provoquer des troubles du rythme cardiaque, une élévation de la pression artérielle, mais aussi de l’anxiété, de la nervosité et des insomnies.
Les sucres ajoutés, également très présents dans ces boissons, sont associés à des risques d’obésité, de caries dentaires et à des variations brutales de l’énergie et de l’humeur.
D’autres composés stimulants, tels que la taurine et le guarana, peuvent accentuer ces effets, en particulier lorsqu’ils sont consommés en excès, en entraînant une accélération du rythme cardiaque et des troubles neurologiques.
Des impacts multiples sur la santé
L’observatoire détaille plusieurs conséquences potentielles sur la santé des adolescents. Sur le plan cardiovasculaire, une augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle est fréquemment observée, pouvant aller jusqu’à des troubles graves du rythme.
Le système nerveux est également affecté, avec l’apparition d’anxiété, d’irritabilité et de difficultés de concentration. Le sommeil n’est pas épargné : retard d’endormissement, insomnies chroniques et altération de la qualité du repos, autant de facteurs susceptibles d’impacter les performances scolaires et l’équilibre émotionnel.
Par ailleurs, une consommation excessive peut entraîner des troubles digestifs et une sensibilité accrue du foie. Sur le plan comportemental, l’Observatoire évoque des sautes d’humeur, une baisse de l’attention et une tendance à adopter des comportements à risque, notamment en cas de mélange avec l’alcool ou de privation de sommeil.
Appel à la vigilance des familles
Face à ces constats, l’Observatoire recommande aux parents d’éviter de proposer ces boissons aux adolescents sans avis médical. Il insiste également sur l’importance de sensibiliser les jeunes aux dangers potentiels et de privilégier des alternatives plus saines, comme l’eau ou les jus naturels.
La lecture attentive des étiquettes et le contrôle des quantités consommées sont également encouragés.
Dans ce sens, le président de l’observatoire précise que les consommateurs n’ont pas cette culture de signaler un problème lié à un produit: "Une grande partie des consommateurs au Maroc rencontre des difficultés en matière de signalement des abus et des pratiques illégales. En effet, beaucoup d’entre eux hésitent à déposer des réclamations ou à s’engager dans des procédures qu’ils perçoivent comme complexes ou peu efficaces. Cette attitude s’inscrit dans une culture de consommation assez répandue, fondée davantage sur la résignation que sur la revendication des droits. Cette réalité complique considérablement le rôle de l'Observatoire Marocain de Protection du Consommateur, en limitant notre capacité à détecter les infractions et à intervenir de manière efficace."
Des mesures attendues des pouvoirs publics
Au-delà des recommandations aux familles, l’Observatoire appelle les autorités à agir. Parmi les mesures proposées figurent l’interdiction de la vente de boissons énergisantes aux moins de 18 ans, l’obligation pour les fabricants d’afficher des avertissements clairs sur les emballages, ainsi que le lancement de campagnes nationales de sensibilisation dans les écoles et auprès des familles.
L’organisation plaide aussi pour le renforcement des études locales afin de mieux évaluer l’ampleur de la consommation et ses effets sur la santé des adolescents au Maroc.
Une responsabilité collective
En conclusion, l’ Observatoire marocain de protection du consommateur souligne que la protection de la santé des jeunes repose sur une responsabilité partagée. Familles, écoles, autorités publiques et industriels sont appelés à conjuguer leurs efforts pour limiter les risques liés à ces boissons.
À travers cette alerte, l’Observatoire espère susciter une prise de conscience collective et encourager des comportements plus responsables face à un phénomène en pleine expansion.
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