Economie
Effondrement des colonies, où en est le secteur apicole au Maroc?
28/07/2022 - 16:11
Mohammed Fizazi
Comme beaucoup d’autres pays dans le monde, la filière apicole au Maroc a été gravement touchée, depuis le début de l’année du syndrome de l’effondrement des colonies. Les professionnels du secteur ont subi de grandes pertes au niveau des ruches et des abeilles. Le phénomène est dû à une interaction de plusieurs facteurs, notamment climatiques et environnementaux. Pour sauver le secteur, le gouvernement avait prévu une enveloppe de 130 millions de dirhams pour le soutien des apiculteurs dans la reconstruction des ruches. Où en est donc le secteur? Et comment se portent les colonies au Maroc en cette période de chaleur extrême?
Sécheresse, maladies, alimentation, conditions climatiques, appauvrissement génétique, pratiques apicoles elles-mêmes, emploi inconsidéré de produits phytopharmaceutiques, ces conditions réunies n'arrangent pas les choses pour le secteur apicole, que ne voit toujours pas le bout du tunnel. Les professionnels consultés par SNRTnews ont révélé que le secteur n’est pas prêt de se remettre.
En effet, les opérateurs déplorent beaucoup de mortalités et de faibles miellées. De plus, une augmentation majeure des prix conjuguée au manque d’eau. “le manque d’eau est mauvais tant pour la flore (moins d'eau, moins de fleurs, moins de nectar) que la faune. Les abeilles dégagent beaucoup de chaleur de par leur activité. Les battements d'ailes dans la ruche ont pour fonction de la ventiler (Co2 et température). Elles ont besoin de boire tant pour le miel que pour elles-mêmes. La sécheresse est problématique et elles n'ont généralement pas de point d'eau à leur disposition et/ou à proximité”, nous a-t-on révélé.
Notre interlocuteur ajoute que beaucoup de zones de thym sauvage ont été brûlées par le soleil intense et l'absence de pluie. Soit que les dégâts ne se comptent pas seulement pour cette année mais également l'année prochaine, d’autant plus qu’aucune pluie n’étant prévue prochainement, les choses ne semblent pas prêtes pour s’arranger.
De plus,on nous rapporte que le soutien gouvernemental prévu pour le secteur n’est pas distribué, car il n’est pas facile d’appréhender les dossiers équitablement. "Entre l'informel et l'activité complémentaire, pas facile de mettre en évidence objectivement une compensation”, nous déclare un apiculteur.
Gil Pascal, apiculteur et responsable d’une coopérative marocaine, souligne par ailleurs l’importance de l’entretien des bonnes pratiques agricoles, qui sont négligées par de nombreux professionnels . “Quand on voit une colline avec des milliers de ruches par exemple, c'est inefficace et on nuit aux abeilles, on les affame et elles meurent. Elles auront fait du mauvais miel et auront reçu du sirop de sucre pour compenser le manque de fleurs et faire du volume. Il faudrait moraliser les transhumances de ruches et éviter les grandes concentrations”, a-t-il déclaré à SNRTnews.
Et d’ajouter: “Beaucoup d’éléments causent la disparition des abeilles. Pris séparément, ils sont possible à gérer, ça se compense... mais certaines années, avec les conditions climatiques et environnementales, la crise peut être encore plus aiguë encore, et c’est là la catastrophe.Et avec la diminution de la quantité, il va bien falloir valoriser la qualité”.
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