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Japon: un groupe d'experts favorable aux médicaments dérivés du cannabis
29/09/2022 - 12:00
AFP
Le Japon devrait approuver l'utilisation de médicaments à base de cannabis, a recommandé jeudi un groupe d'experts du ministère de la Santé, ouvrant ainsi la voie à une éventuelle révision des lois très strictes du pays en matière de drogues. Mais ce changement n'affecterait pas la politique de tolérance zéro du Japon à l'égard de l'usage récréatif de la marijuana, ce même panel proposant au contraire un renforcement des règles sur son usage non médical.
Les lois anti-cannabis sont particulièrement sévères au Japon où des stars internationales ont été piégées, dont l'ancien Beatle Paul McCartney qui avait passé neuf jours en détention en 1980 après la découverte de marijuana dans ses bagages. Mais le gouvernement discute depuis plusieurs mois de l'approbation éventuelle de médicaments dérivés du cannabis, déjà autorisée dans de nombreux pays pour traiter certaines maladies comme les cas graves d'épilepsie.
Jeudi, le groupe d'experts du ministère japonais de la Santé a recommandé au gouvernement de réviser la législation pour autoriser l'importation et la fabrication de médicaments utilisant des composants du cannabis. Mais il a également préconisé une révision des textes pour signifier clairement que l'usage récréatif du cannabis constitue une infraction grave.
Cela permettrait de combler une faille juridique au Japon qui fait que la consommation de cannabis est techniquement légale, même si la possession de ses bourgeons, feuilles et racines est passible de cinq ans de prison, voire sept ans en cas de vente à des fins lucratives.
Ce paradoxe découle d'une vieille mesure visant à éviter que les agriculteurs soient arrêtés pour avoir inhalé de la fumée psychoactive lorsqu'ils cultivent du chanvre pour fabriquer des cordes par exemple. Les recommandations du groupe d'experts interviennent alors que les produits au cannabidiol (CBD), la molécule sans effet psychotrope du cannabis, gagnent aussi en popularité au Japon.
Le panel a également demandé que l'interdiction générale actuelle des plants de cannabis soit remplacée par l'interdiction du THC, sa principale molécule psychoactive. Cela permettrait de s'assurer que l'industrie émergente du CBD ne soit pas restreinte, a expliqué à l'AFP un responsable du ministère de la Santé, notant que "le CBD est légal et utilisé dans les compléments alimentaires et les cosmétiques".
Ces recommandations vont maintenant être examinées par le gouvernement et les modifications législatives ne pourront intervenir qu'après le dépôt d'un projet de loi et son approbation par le Parlement.
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